2021 : L’Afrique devrait afficher une croissance de 2,8%

Selon les dernières perspectives économiques mondiale pour la région Afrique Subsaharienne, la production en Afrique subsaharienne s’est contractée de 2,4 % en 2020 à la suite de la COVID-19, soit une récession moins forte qu’initialement prévu. La croissance a progressivement repris cette année, à la faveur des retombées positives du renforcement de l’activité économique mondiale, avec notamment une hausse des prix du pétrole et des métaux, et des progrès accomplis dans la lutte contre la pandémie, en particulier en Afrique de l’Ouest et centrale. La crise sanitaire a eu pour effet de creuser les déficits budgétaires et d’accroître le niveau des dettes publiques, aggravant les risques de surendettement dans certains pays.

L’activité s’est partiellement redressée dans les trois plus grandes économies de la région — Angola, Nigéria et Afrique du Sud. De nombreux pays exportateurs de produits industriels et agricoles ont connu une grave récession l’année dernière. Dans les pays tributaires du tourisme, le nombre de visiteurs étrangers est pratiquement tombé à zéro et le secteur touristique tournera probablement au ralenti jusqu’à ce que l’élargissement des campagnes vaccinales permette de rouvrir les frontières. Même si la situation s’est améliorée, la pandémie de COVID-19 a continué de porter atteinte à la santé, à la scolarisation, à l’investissement et à la croissance économique.

Dans certains pays (Angola, Nigéria), indique le rapport de la Banque mondiale, le recours à des politiques budgétaires et monétaires accommodantes, la dépréciation des monnaies nationales et la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ont eu un effet inflationniste. Ailleurs (Kenya, Afrique du Sud), la faiblesse de la demande a permis de contenir l’inflation. Les investissements directs étrangers dans la région se sont rétablis à hauteur d’environ 90 % des niveaux pré-COVID, tandis que les envois de fonds des migrants ont mieux résisté que prévu.

Quelles perspectives ?

La croissance devrait reprendre pour atteindre 2,8 % cette année, et s’accélérer à 3,3 % en 2022, étayée par la hausse de la demande extérieure, essentiellement en provenance de la Chine et des États-Unis, la hausse des prix des produits de base et l’endiguement de la pandémie. Il est à prévoir que les incertitudes politiques et les effets persistants de la pandémie retarderont d’importants investissements dans l’infrastructure et les industries extractives et freineront la reprise en République centrafricaine, en Guinée équatoriale, au Niger et au Kenya. La situation sera particulièrement difficile dans les pays fragiles ou touchés par un conflit, avec des prévisions de production pour 2022 en recul de 5,3 % en moyenne par rapport à 2019.

Au Nigéria, la croissance devrait rebondir à 1,8 % en 2021 et 2,1 % en 2022, sous réserve d’une hausse des prix du pétrole, de réformes structurelles dans ce secteur et d’une gestion des taux de change flexible et fondée sur le marché. L’Afrique du Sud devrait afficher une croissance de 3,5 % cette année et de 2,1 % en 2022. Les pressions budgétaires et la faible augmentation des investissements publics assombrissent les perspectives à court terme du pays, dont la croissance potentielle continue d’être entravée par des obstacles structurels. En Angola, la croissance devrait atteindre 0,5 % en 2021 et 3,3 % en 2022, soutenue par la hausse des prix pétroliers et des dépenses publiques.

Ailleurs dans la région, la croissance devrait grimper à 2,4 % en 2021-22 dans les pays exportateurs de produits industriels autres que l’Angola, le Nigéria et l’Afrique du Sud. Dans les pays exportateurs de produits agricoles, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4,5 % par an en moyenne en 2021-22.

Risques

Les pays de la région sont exposés à des risques de dégradation. Bien que certains pays comme le Ghana, le Nigéria et l’Afrique du Sud aient amélioré leur système de distribution de vaccins, de nombreux  autres États sont confrontés des problèmes d’achats et de logistique qui pourraient ralentir encore la vaccination. Une baisse des prix pétroliers pourrait réduire les recettes de certains exportateurs de pétrole.

L’insécurité alimentaire demeure un risque majeur

Les prix des denrées ont augmenté de plus de 20 % au début de cette année en Angola, en Éthiopie et au Nigéria. La région est également exposée à des risques d’inondations et de sécheresses qui pourraient détruire les récoltes, pousser les prix des aliments à la hausse et peser lourdement sur la consommation des ménages. L’intensification des conflits pourrait freiner les dynamiques de reprise. Une hausse soudaine du coût des emprunts souverains pourrait créer des tensions financières dans certains pays, et le fardeau de la dette et les pressions budgétaires pourraient encore s’alourdir. De même, un redressement plus important que prévu des prix des métaux et du pétrole pourrait accroître les recettes.

Leave a Comment

Visit Us On FacebookVisit Us On LinkedinVisit Us On InstagramVisit Us On Youtube