A Kinshasa : La pluie révèle des failles dans la gestion de la ville !

A Kinshasa, pour faire l’essai d’une voiture avant de l’acheter, il fallait se rassurer qu’elle allait grimper sans encombre la fameuse montagne dite de 80 jours, située au quartier Ma Campagne, dans la commune de Ngaliema. Désormais lorsqu’il pleut, cet exercice peut se faire dans n’importe quel quartier et dans n’importe quelles rues avec une facilité déconcertante. Il s’agit des rues qui, à la suite d’une pluie, mettent les conducteurs à rude épreuve. Ceux-ci qui doivent sortir toute leur ingéniosité pour ne pas sombrer dans un bourbier. Dans bien des cas à la suite d’une forte pluie, les arrêts de bus à Kinshasa ressemblent à des rassemblements de meetings populaires. Ici, des gens sont aux arrêts, ne sachant pas à quelle heure ils retourneront chez eux, même si personne n’a jamais dormi dans un arrêt de bus. Ça donne l’impression d’une ville morte, une cité abandonnée, pourtant, elle devrait être au centre de toute l’attention du Gouvernement central et provincial. Lorsqu’on a une ville construite dans un sens où tout le monde quitte chez soi pour aller travailler ou aller au marché, et est obligé de retourner par la même route ! Si le transport public existe, il est insuffisant et pas à la dimension de l’ambition de grandeur du pays. La multimodalité dont on nous a vanté n’était qu’un leurre !  Les investissements dans le secteur de transport peinent à se réaliser, au grand dam des Congolais qui nourrissaient beaucoup d’attentes. L’éclairage des grandes artères ne suffit pas à lui-seul, car il cache certains projets mal ficelés dans le domaine des infrastructures. La conséquence est réelle et n’échappe à aucun observateur averti.

Que dire du projet « Kinshasa zéro trou » lancé par le Gouvernement de la République ? La situation sur le terrain s’aggrave et laisse les Kinois troublés et perturbés, au même moment que la DGRK doit commencer le contrôle des véhicules automoteurs qui sont en ordre avec l’impôt sur les véhicules (vignette). Voilà qui risque d’aggraver une situation déjà compliquée. Dans une capitale où les transports publics sont inexistants et où les transporteurs se comportent en roi, ne voulant rien payer et exigeant la compensation, il est attendu que la situation risque de se corser pour les Kinois. Personne ne doit oublier que sur le plan mondial, la crise russo-ukrainienne est à la base de la montée en flèche des produits pétroliers. La population congolaise a eu la vie sauve, parce que son Gouvernement a subventionné les produits pétroliers et les prix qui sont vendus dans les stations-service ne sont pas réels. Comme pour dire que la hausse annoncée par le Gouvernement, n’était que de 100 Francs congolais. Ne voulant même pas attendre la révision du coût du transport en commun, certains propriétaires de véhicules ont préféré recourir au demi-terrain (entendez une pratique courante qui consiste dans le dédoublement de la trajectoire). Désormais, un tronçon est subdivisé en trois ou quatre, leur permettant de se remplir les poches sous la barbe des autorités. Les conducteurs de véhicules font la loi et personne d’autre ne peut s’opposer au tronçon qu’ils imposent.

Au regard de cette situation, il est plus qu’urgent pour le Gouvernement de bien préparer ses projets routiers, avec des budgets convenables. Sinon, à quoi sert de lancer « Kinshasa zéro trou » et d’exceller par des explications du genre ‘’l’argent n’est pas encore décaissé’’. Et ce, pendant que la circulation est perturbée,  handicapée par des trous qui se multiplient à la suite des pluies incessantes de ces dernières semaines.

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