Adoption du texte final à Montréal de la Convention sur la diversité biologique : Exclusion du Rwanda de la co-facilitation à la COP-15

Finalement, au soir du 18 décembre 2022 à Montréal au Canada, le Rwanda n’était plus invité comme co-facilitateur des travaux pour donner un avis commun sur le texte final de la Cop-15 sur la Biodiversité.  Pendant ce temps fort de concertation entre l’Argentine, le Brésil, l’Indonésie, l’Inde et la RDC, le Rwanda y est exclu après que Vice-Premier ministre, en charge de l’Environnement et Développement Durable, Ève Bazaïba, ait dénoncé la destruction de la Biodiversité de la République démocratique du Congo par le Rwanda qui soutient les groupes terroristes. Le texte final sera adopté, mais sans l’adhésion totale du pays-solution, la République démocratique du Congo.

La position de la Rdc face à cette prédation du voisin a poussé les grands décideurs de la communauté internationale à redéfinir leurs relations et diplomatie envers le pays de 1000 collines. « La grande Dame, Eve Bazaïba Masudi s’est exprimée par son cœur meurtri suite à la destruction de la Biodiversité par le parrain de M23 ! C’est cela le patriotisme ! », jubile un délégué de la Rdc à cette 15e Conférence des Parties (COP15) des Nations Unies à la Convention sur la diversité biologique (CDB en anglais ) qui s’est tenue du 7 au 19 décembre 2022, à Montréal, au Québec, siège du Secrétariat de la CDB des Nations Unies.  Axée sur la protection de la nature et les moyens de mettre un terme à la perte de biodiversité partout dans le monde, la COP-15 s’est clôturé sur une prise de position inédite de la RDC.

Pour mettre fin à l’alarmante perte de biodiversité dans le monde et renverser la vapeur, les partenaires internationaux participants, ont défini de toute urgence de nouveaux objectifs et élaborer un plan d’action pour la nature, un ambitieux cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020, qui vise notamment la protection de 30%  des terres et des océans d’ici 2030. Sur base du texte présenté par la présidence chinoise de la Convention, les pays membres ont approuvé une feuille de route cruciale pour stopper la destruction de la nature, sans toutefois obtenir l’adhésion totale de la RDC. Pour ce leader mondial de la biodiversité, pays classée 5e du rang mondial de par sa biodiversité avec 10% mondial des réserves d’eau douce, 52% d’eau douce africaine et 60% de forêt tropicale humide du bassin du Congo et qui a plus de 150 000 hectares de forêts tropicale, Ève Bazaïba Masudi, affectueusement appelée ‘Songoli’ (Traduit de la langue Basoko signifie rhinocéros ou génie des fleuves qui brise tout sur son passage), a affirmé sans ambages  « Nous (la RDC) avons un mot à dire dans ce concert des nations à ce qui concerne la biodiversité.(…) La RDC estime qu’il est important de prévoir des ressources financières suffisantes , l’accès à la technologie et le renforcement des capacités y compris la création d’un fond mondial dédié à la biodiversité qui soit nouveau additionnel innovant et complémentaire au fond pour l’environnement mondial qui va lui de soutenir les activités habilitantes comme d’habitude ».

Seulement, sur le point du respect des engagements des pays du nord, grands pollueurs, la VPM a voulu que « des leçons soit tiré du manque de consensus déploré à Genève au mois de mars, à Nairobi au mois de juin 2022 ainsi que cela fait aujourd’hui 13 ans que les pays pollueurs ne respectent pas leur engagement de donner 100 milliards de dollars pour lutter contre le changement climatique qui est aussi une cause qui déstabilise la biodiversité. Ainsi, nous souhaiterions voir des signes sur le chemin de la vision de vivre en harmonie avec la nature », ce qui a constitué la ligne rouge de la RDC pour l’adoption  de bonne foi du cadre mondial de biodiversité pst 2020.

Dans ces objectifs le COP-15 exige de véritables collaborations et partenariats, notamment avec les peuples autochtones, qui ont été les premiers gardiens du territoire. Ce qui exige aussi un véritable changement transformationnel, des innovations et une prise en compte adéquate de la vraie valeur de la nature dans les prises de décisions dans tous les secteurs. Sans oublié, comme l’a souligné la délégation

Avant la clôture, la Rdc avait récusé la facilitation du Rwanda aux travaux sur la protection de la biodiversité

La RDC n’est pas confrontée qu’aux seuls problèmes de non-respect des engagements des partenaires internationaux, de la déforestation à causes des pressions humaines pour la survie, mais également des problèmes graves du fait des conflits armés qui font des victimes depuis plus de 20 ans de suite des agressions armés de la part du Rwanda.

Si la pression humaine pour la survie peut se justifier sans toutefois être acceptée, rien ne peut justifier le fait que la RDC devienne le « théâtre d’affrontements des groupes armés aujourd’hui déclaré terroristes. Malheureusement, c’est l’œuvre d’un frère, d’une sœur, d’un pays frère, d’une République sœur qui appui des groupes terroristes », déplore Eve Bazaïba.

En substance, la Vice-Premier ministre en charge de l’Environnement et du développement durable, affirme que son pays, la Rdc, encaisse des  pertes énormes de biodiversité du fait du Rwanda ainsi, « la Rdc a des difficultés à siéger dans des négociations dirigées par le Rwanda alors qu’il soutien les terroristes qui s’évertue dans notre pays depuis plus de 20 ans et qui détruit la biodiversité et dont la communauté internationale se tait dans ces conditions alors que nous représentons une solution mondiale aux capacités de forets à absorber des pollutions dont nous ne sommes pas responsables ». Elle refuse donc, par sa présence aux réunions  sous la facilitation du Rwanda,  de faire ainsi cautionner la RDC le saccage de sa biodiversité par la Rwanda.

Plus de 26 ans, depuis l’avènement au pouvoir dans le sang  du régime tutsi  APR (armée mono ethnique constituée des réfugiés rwandais venus de l’Ouganda), la communauté internationale qui, par l’opération turquoise sous le leadership français, se mure dans un silence complice pendant que des millions des congolais meurent et la biodiversité saccagé par le fait du Rwanda.

C’est contre cette manière de faire les choses, qui révolte les congolais, qui ne veulent plus assister impuissant et silencieux au ‘prime du saccage de la biodiversité’ qu’on accorde au Rwanda par la communauté internationale au pays qui saccage la biodiversité à toute impunité.

« Nous donnons la possibilité aujourd’hui au monde d’atteindre 1.5°C, et l’objectif pour la température moyenne mondiale en donnant  la matière qu’il faut à changer les procédés polluants. Aujourd’hui nous parlons tous en termes de véhicules électriques, mais le Coltan, le lithium, le Cobalt, tout ça vous les trouverez en RDC, aujourd’hui théâtre d’affrontements et c’est là où il y a les réseaux de banditismes, de  trafics illicites des armes et des minerais, là où les femmes sont violées, des populations en errances et la biodiversité en errances », se trouble Bazaïba.

Ne comprenant pas pourquoi l’on demandera au ‘criminel environnemental’ de modérer les travaux sur la protection de l’environnement, de la biodiversité, Eve Bazaïba dans une logique et rationalité digne de grands hommes d’Etat avait lâché : « Nous émettons donc des réserves de la RDC à participer dans une négociation où on parle de la protection de biodiversité sous la facilitation du Rwanda.(…) Si à l’interne nous n’avons pas pu gérer (avec les 9 voisins de la RDC), nous venons à l’externe ».

Dans cette analyse rationnelle, la VPM ne fait que paraphraser les nations-unies qui ont donné des rapports clairs et le Rwanda y a été cité nommément et finalement, au soir du 18 décembre 2022 à Montréal au Canada,  le Rwanda n’était plus invité comme co-facilitateur des travaux pour donner un avis commun sur le texte final de la Cop 15 sur la Biodiversité.

Willy Makumi Motosia    

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