Après l’achèvement de la 3ème revue de l’accord FEC : La Rdc va empocher US$203 millions

Malgré de multiples chocs, l’activité économique s’est avérée résiliente, soutenue par une production minière plus élevée qu’anticipée. La croissance est prévue à 6,6 % en 2022, mais l’inflation devrait dépasser 12 % d’ici la fin de l’année 2022. Ce décaissement contribuera à renforcer les réserves internationales, compte tenu des risques à la baisse pesant sur les perspectives de l’économie nationale et mondiale. Le programme appuyé par le FMI continue de soutenir les réformes à moyen terme des autorités pour favoriser la stabilité macroéconomique et le développement durable en accélérant la mobilisation des recettes intérieures, en améliorant la gouvernance et en renforçant la politique monétaire.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu la troisième revue de l’accord de Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC). L’achèvement de la troisième revue a permis un décaissement immédiat équivalant à 152,3 millions de DTS (environ 203 millions de dollars américains) pour répondre aux besoins de la balance des paiements, portant le décaissement total à ce jour à 609,2 millions de DTS (environ 812.4 millions de USD).

La situation macroéconomique de la RDC fait preuve de résilience malgré les répercussions de la guerre en Ukraine et la détérioration de l’environnement économique mondial. Le PIB réel fait preuve de résilience, avec une croissance prévue à 6,6 % en 2022, soutenue par une production minière plus élevée que prévu. L’inflation devrait dépasser 12 % d’ici fin 2022, en raison de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires et des carburants, exacerbée par la guerre en Ukraine et les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement. Le compte courant a atteint un excédent au premier semestre de l’année grâce à de fortes exportations, et à fin octobre, les réserves internationales brutes ont atteint environ 2 mois d’importations, bien au-dessus de l’objectif fixé au début de l’accord FEC. Le solde budgétaire intérieur (base caisse) de 2022 est projeté à 1,1 % du PIB, conformément aux engagements du programme, malgré des pressions de dépenses imprévues résultant de l’escalade du conflit à l’Est, l’augmentation des dépenses des ministères et des institutions publiques et le remboursement d’arriérés aux distributeurs de carburants, financées par une hausse inattendue des recettes fiscales principalement due à des développements miniers favorables.

Les progrès réalisés dans le cadre du programme restent satisfaisants. Tous les critères de réalisation quantitatifs à fin juin 2022 ont été atteints, ainsi que tous les objectifs indicatifs (OI) à l’exception de deux : celui lié aux dépenses de santé en raison de retards dans la passation des marchés ; et celui lié aux garanties de la banque centrale pour les prêts intérieurs en faveur du gouvernement central en raison de lacunes dans le contrôle et malgré le fait qu’aucune nouvelle garantie n’a été émise. Les efforts pour atteindre les dépenses sociales dans le cadre de l’OI nécessiteront un suivi étroit de leur mise en œuvre. Quatre des six repères structurels ont également été respectés, et un cinquième a été atteint avec un léger retard.

De la déclaration du DGA

À l’issue de la discussion du Conseil d’administration, M. Okamura, directeur général adjoint et président, a déclaré :

« Les performances macroéconomiques en 2022 sont solides, malgré des chocs récurrents. La croissance est robuste et les amortisseurs externes se sont renforcés, malgré la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires. La performance au titre de l’accord de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) reste satisfaisante. Alors que les perspectives de croissance restent favorables en 2023, les risques à la baisse émanent des chocs défavorables sur les termes de l’échange et du conflit à l’Est du pays.

« Le déficit budgétaire devrait se réduire en 2023. Une mobilisation soutenue des recettes et une maitrise des dépenses courantes dans les biens, services et subventions devraient laisser de l’espace pour les dépenses sociales, les investissements dans les infrastructures et le capital humain, et l’apurement des arriérés. Économiser la surperformance des recettes soutiendrait les efforts visant à constituer des tampons budgétaires. La suppression progressive des subventions aux carburants et la mise en place de transferts sociaux ciblés sont des mesures importantes pour renforcer les filets de sécurité sociale afin de protéger les personnes vulnérables. Le renforcement de la crédibilité budgétaire devrait aider le budget à servir de point d’ancrage budgétaire dans le cadre du programme. La refonte du cadre budgétaire pour gérer la richesse en ressources, le renforcement du cadre d’investissement public et l’accélération des réformes de la gestion des finances publiques sont nécessaires pour améliorer l’efficacité et la transparence des dépenses.

La disposition à resserrer la politique monétaire pour ramener l’inflation à l’objectif de 7%, ainsi que les efforts visant à renforcer le cadre de la politique monétaire soutiendront la stabilité des prix. La poursuite de l’accumulation de réserves, tout en renforçant le rôle du taux de change en tant qu’amortisseur, est essentielle à la résilience extérieure. L’adoption de la nouvelle loi bancaire est cruciale pour renforcer la réglementation et la supervision du secteur financier.

Des efforts soutenus pour améliorer la gouvernance, y compris dans le secteur minier, renforcer les cadres de lutte contre la corruption et de LBC/FT, et améliorer l’environnement des affaires soutiendraient le développement et la compétitivité du secteur privé. S’engager dans des réformes spécifiques liées aux défis climatiques est également important pour catalyser des financements pour des investissements verts. »

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