Après le championnat d’Afrique de l’Est en mars 2022 : Les 4 judokas congolais et leur entraineur restent bloqués en Ouganda

La situation de quatre judokas congolais et leur entraineur à Kampala, en Ouganda reste préoccupante. Ils sont toujours bloqués dans ce pays faute de titres de voyage retour. Nous dirons mieux, ils sont victimes de leur nationalisme et patriotisme comme nous allons le prouver dans les lignes qui suivent.

Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Nous en savons désormais plus sur cette histoire de la bouche du judoka Aristote Mukendi, l’un de quatre judokas qui s’est confié à l’un de nos confrères à partir de Kampala. Comment sont-ils arrivés à Kampala, capitale de l’Ouganda ? Il fait d’abord la genèse en expliquant que l’invitation lancée à la Rdc de prendre part à ce championnat d’Afrique de l’Est est parvenue à Me Bobo Mbongo, président a.i de la Fédération Nationale Congolaise de Judo ‘’Fénacoju’’. Il fallait soit engager les athlètes de Goma, Bukavu ou Kisangani et même de Kinshasa si les moyens le permettaient. Pour raison de proximité, il a jugé bon que c’est soient plus les athlètes de la partie Est qui puissent représenter le pays. C’est alors qu’il a envoyé l’invitation à la ligue provinciale de judo de Kisangani. Il se fait malheureusement que cette dernière n’avait pas assez d’argent pour répondre à cette invitation. Ayant appris la nouvelle, les 4 judokas de Kisangani et leur coach ont estimé que l’invitation devait être honorée. Par leurs propres moyens, ils ont décidé d’aller représenter la RDC à ce championnat d’Afrique de l’Est. Avec des moyens limités, ils ont opté de prendre la route. Ils ont bravé des risques sécuritaires et conditions déplorables de voyage. C’était sans compter avec l’activisme des groupes armés qui bat son plein dans cette partie du continent. Ils sont tombés dans l’embuscade d’un des groupes armés. Les rebelles les ont fait descendre du bus et ont brûlé ce bus. Dieu a fait grâce, ils ont eu la vie sauve et par maintes difficultés, ils sont parvenus à déboucher à Kampala où ils ont participé au championnat d’Afrique de l’Est de judo qui s’est tenu du 16 au 27 mars 2022 dans la capitale de l’Ouganda. A la surprise générale, les judokas de la RDC ont glané 2 médailles dont une en or et une en argent. Ils ont pris la tête du classement de cette compétition.

Déboires et incertitude se mêlent

Après la compétition, les 4 judokas et leur entraineur qui devaient regagner le pays, sont allés voir l’Ambassadeur de la RDC en Ouganda. Ce dernier remettra à ces infortunés qu’une modique somme de  200 $. Ce montant s’est révélé insuffisant pour les prendre tous en charge et surtout regagner le pays. Malgré l’ordre de mission bien établi par la Fédération Nationale Congolaise de Judo, nos quatre braves judokas et leur entraineur passent des moments sombres en Ouganda. Vendredi dernier, ils devaient encore être reçus par l’ambassadeur de la RDC en Ouganda. Rentrer par route devient très compliqué pour eux eu égard à l’activisme des groupes armés. ‘’On devra emprunter comme chemin de retour Rwanda à Kigali pour descendre à Goma et de là arriver à Kisangani’’, s’est exprimé le judoka Aristote Mukendi.

La situation de la Fénacoju à la base de ces déboires

Comme souligné précédemment, ces quatre braves judokas sont victimes de leur nationalisme et patriotisme. Leur volonté à défendre les couleurs du drapeau (NDLR qu’ils ont du reste défendu avec brio) les a conduit de Kisangani jusqu’à Kampala. Ils ont failli perdre leur vie. Mais en retour, que tirent-ils comme dividende ? 200 $ pour 5 personnes comment pouvaient-ils regagner le pays ?

A dire vrai, la situation que vivent les quatre infortunés judokas et leur entraineur prouve s’il en était encore besoin que le judo congolais est vraiment dans la tourmente. Le conflit interminable au niveau de la Fénacoju fait qu’aucune solution ne peut être trouvée par les deux camps opposés en son sein. Et cet état des choses n’augure rien de bon pour l’avenir de la discipline en RDC. Et dans tout cela, le ministère des Sports se révèle toujours incapable de décanter la situation. Pourtant, le ministère sait pertinemment bien que la Fénacoju est sous menace de suspension par la fédération internationale de judo. Malgré cela, aucune solution n’émane du ministère. Pour rappel, on a du mal à organiser l’AGEE de la Fénacoju devant mettre fin à cette situation déplorable que traverse le judo. Aujourd’hui, ce dossier révolte plus d’un compatriote épris de bon sens.

Antoine Bolia

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