Après les bavures de Kasindi : Unanimité pour le retrait de la Monusco

Dans son intervention, le ministre de l’Industrie, Julien Paluku a donné deux éléments qui prouvent que la Rdc s’assumera après le départ de la Monusco. Selon lui, on ne peut pas être continuellement dans une mentalité d’assister et penser qu’on peut se développer. Un autre élément, c’est la loi de programmation qui a été promulguée par le chef de l’Etat et qui va désormais prévoie 2 milliards de dollars américains pour permettre au Gouvernement d’asseoir son système de sécurité.

Par devoir de redevabilité et par souci d’expliquer aux Congolais la mission de la délégation gouvernementale dépêchée par le président de la République dans la province de Nord-Kivu, au lendemain des manifestations anti-Monusco ayant provoqué plusieurs morts et des blessés, M. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias a organisé un spécial Briefing Presse sous le thème central : « Rapport de la Commission Spéciale du Gouvernement sur les récentes manifestations de colère contre la Monusco au Nord-Kivu et Sud-Kivu : grandes lignes et mesures gouvernementales envisagées ».

Si le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Daniel Aselo Okito wa Koy qui conduisait la délégation s’étant excusé, le Ministre des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Modeste Mutinga Mutuishayi et le Ministre de l’Industrie, Julien Paluku Kahongya étaient tous là.

Dans son résumé, Julien Paluku, ministre de l’Industrie et membre de la délégation, 12 ans gouverneur de la province du Nord-Kivu a expliqué qu’au regard des troubles ayant caractérisé la province du Nord-Kivu, il était important que le Gouvernement sache ce qui s’est réellement passé. Il a noté que la situation était très tendue avec comme point d’encrage la Monusco devenue inutile aux yeux de la population.

A Goma, la mission a commencé son travail samedi le 30 juillet, en échangeant avec les mouvements citoyens, la société civile, les députés provinciaux, le conseil provincial de sécurité, etc.  Le dimanche 31 juillet, la mission gouvernementale a fait le même travail à Butembo.

Mais qu’est-ce qui en est ressorti ?

A cette question, Julien Paluku a expliqué le contexte, qui fait que c’est depuis trois décennies que la guerre ne se termine pas dans cette partie du pays, en dépit de la présence de la Monusco. En plus, la population constate que les informations ne donnent plus à la Monusco le même pouvoir qu’elle avait en 2013 lorsque le M23 avait été vaincu. La population ne sent donc pas le même appui de la Monusco envers les FARDC.

La population souligne aussi que ce sont les propos du porte-parole de la Monusco sur leur incapacité à déloger le M23 qui est venu exacerber la tension. A  telle enseigne que la population a commencé à se demander, à quoi servait cette force de l’ONU ? C’est dans ces conditions que les couches sociales de la population ont exigé le départ immédiat de la Monusco. Une exigence que le Gouvernement a tempérer, surtout que la collaboration entre le Gouvernement et la Monusco est assis sur des textes qui doivent être respectés par les deux parties.

Pendant que la délégation gouvernementale était encore à Butembo pour scruter de près les causes de ces manifestations anti-Monusco, il y a un incident grâce à Kasindi, où des casques bleus ont tiré sur la population civile, faisant trois morts et 14 blessés.

Aussitôt terminé cette mission, l’équipe gouvernementale a relié Kinshasa, pour faire rapport au président de la République. A l’issue de cette réunion, le Gouvernement condamne ces actes barbares, décide d’accélérer la commission d’enquête, décide convoquer le cadre approprié pour réévaluer le plan de retrait de la Monusco, en vue de raccourcir le délai, pour respecter la volonté des Congolais et celle du porte-parole de la Monusco qui a affirmé que son institution n’était plus à même de chasser le M23.

C’est ainsi qu’il a été demandé à la population de rester calme. Et le Gouvernement  a exigé que cette unité soit sanctionnée au regard des règles des Nations unies et qu’elle ne fasse plus partie de la Brigade internationale. A l’occasion, il a aussi été rappelé que le retrait de la Monusco n’est pas le fruit des manifestations, mais entre dans le cadre de l’exécution du plan qui a été adopté à ce sujet.

On a évité le pire

Tout juste après Julien Paluku, ministre de l’Industrie, la parole a été accordée à Modeste Mutinga, ministre des Affaires sociales, qui a d’abord salué la sagesse du président de la République, qui a dépêché cette mission avant que les choses ne s’empirent. « N’eut été l’arrivée de la délégation gouvernementale, on aurait connu une catastrophe », dit-il, avant de reconnaitre que la mission a été très délicate pour rencontrer les leaders d’opinion afin de désamorcer la bombe.

A Butembo, explique-t-il, les mouvements sociaux sont allés prendre les corps des morts pour faire une procession, avant que les FARDC n’apaisent la situation. « A chaque catastrophe, il y a un choc, provoqué par le nombre des morts, des blessés et des déplacés. Mais nous étions là pour atténuer le choc », pense-t-il.

C’est ainsi que la délégation gouvernementale a assisté les blessés dans les hôpitaux et une autre assistance aux familles éplorées pour mieux faire le deuil. Mutinga a expliqué le basic de ce qu’il faut faire pour lorsqu’il y a une catastrophe. Il pense qu’il faut d’abord apporter de l’eau potable, avant de venir au secours des blessés.

Il a quand même noté que beaucoup reste encore à faire, pour répondre aux besoins des populations qui fuient dans tous les sens. « La folie meurtrière de la Monusco a eu des conséquences fâcheuses, surtout qu’il n’y a pas de raisons de tirer sur la population à mains nues », pense-t-il.

Jean-Marie Nkambua

Leave a Comment

Visit Us On FacebookVisit Us On LinkedinVisit Us On InstagramVisit Us On Youtube