Balises : Au-delà du conflit russo-ukrainien, que faire pour nourrir le Congo !

Intitulé “Guerre en Ukraine : face à la hausse des prix du blé les pays africains tentent de s’adapter ”, publié le 13 mars 2022 par TV5, l’article de Lauriane Nembrot fait d’emblée ce constat :“ Plusieurs pays africains importent du blé de Russie et d’Ukraine pour nourrir leur population. L’Ukraine en guerre cesse ses exportations de blé. Moscou suspend ses exportations vers les pays qu’elle juge hostiles à la Russie. Les prix des céréales s’envolent. Quelles sont les répercussions sur les économies et les sociétés africaines ? Tour d’horizon_ ”.

En fait de tour d’horizon, l’auteur, qui souligne que la tonne de blé revient à près de 300 USD sur les marchés mondiaux, livre des chiffes pour cinq pays africains gros importateurs de blé ukrainien et russe par an : Egypte avec 16 millions de tonnes, Algérie 7,7 millions, Nigéria 5,5 millions, Maroc 4,5 millions, Soudan 2,75 millions.

Bien qu’elle n’en fasse pas partie, la RDC n’est pas pour autant  épargnée.

Les effets se ressentent de plus en  plus dans le grammage du pain en fonction du maintien ou de la majoration des prix.

La vérité est cependant connue de tout le monde : comme pour le pétrole (carburant), les denrées alimentaires à base de blé, en l’occurrence les pains, farines, céréales, farces, soupes de légumes en brique, bières, pâtes, crackers, sauces, charcuteries, sandwichs et desserts (selon Wikipédia) seront forcément impactés.

Comment faire alors pour tenir le coup à défaut d’y faire face ?

N’allons pas, nous Congolais, chercher la réponse ailleurs. Comme relevé dans la chronique dernièrement consacrée à l’article 91 de la Constitution, nous avons la réponse en nous-mêmes , avec nos propres aliments.

Aussi, première indication pour les chercheurs: comment font nos compatriotes des milieux ruraux pour être en bonne santé pendant qu’ils ne consomment ni pain, ni pâte, ni sandwich !

Ne prennent-ils pas le petit déjeuner ? Si, ils le prennent. A côté du thé ou du café (rarement au lait), et à la place du pain, ils se contentent du manioc, de la banane plantain, du maïs (bouillis ou braisés), et ça passe !

Ceux de notre génération qui, autour des années 1960, avaient vécu la crise de blé, se souviennent du recours fait par les boulangers congolais, ici même à Léopoldville (Kinshasa), en produisant du pain à base de manioc et de maïs                                                                                                              .

Ayant senti probablement le risque de perdre le marché léopodvillois (kinois), les importateurs “ blancs ” avaient vite fait de ramener le blé au Congo et reprendre en mains le marché du pain.

Cela fait plus de 55 ans qu’ils n’ont plus osé nous refaire le coup.

En réalité, le problème du Congolais est dans les habitudes alimentaires adoptées.

Pendant que, peut-être sans le vouloir, l’américain Mike Hammer (alias Nzita) s’exhibe avec le poulet-mayo comme pour nous inviter à manger Congo, nous continuons à courir après des *denrées d’importation* qui nous prennent plus d’un milliard USD.

Or, le budget de l’Etat congolais peine à dépasser les 6 milliards !

Pourtant, la possibilité de faire des exploits est à notre portée.

Aujourd’hui, le gros de tomates, de carottes, de concombres, d’oignons etc. consommés au pays est une production locale. C’est l’œuvre des maraîchers.

La question sensée est de savoir pourquoi nos filières universitaires concernées par l’alimentation ne proposent-elles pas aux Congolais des aliments d’origine congolaise pour nourrir les Congolais !

En d’autres termes, avant d’envisager de grosses unités agroalimentaires comme Bukanga Lonzo, Daipn, etc., il est du devoir de l’Autorité établie de demander aux facultés d’agronomie, aux institutions comme Inera et maintenant au laboratoire agricole de Kalombo de se pencher sur les composantes nutritives de l’assiette du Congolais.

On verra comment le miracle congolais va nous délivrer de la pire des prisons qui puissent exister monde : celle de manger mal !

Omer Nsongo die Lema

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