Balufu Bakupa-Kanyinda : « Thierry Michel est au courant de la plainte »

A l’issue de l’échange entre la presse et les deux orateurs, les journalistes ont voulu savoir si les démarches ont été menées pour lever la censure qui pèse sur le film du jeune et brillant Gilbert Balufu Mbaye ? De même, la presse a voulu savoir si Thierry Michel a été saisi et qu’il va répondre au TRIPAIX le 10 mai prochain ?

« Si vous regardez les mensonges qu’il distille dans la presse, il parle de la plainte, donc il est au courant », a tranché le producteur Balufu Bakupa-Kanyinda, qui pense que c’est ainsi qu’il crée  des raisons fallacieuses. C’est ici qu’il a paraphrasé un très grand poète congolais qui est décédé dans l’anonymat et enterré dans un cimetière de Kinkole, Matala Mukadi Tshiakatumba. Il a écrit un livre en 1969 qui s’appelle : « Réveil dans un nid de flammes ». Le nid de flammes, c’est le Congo. Il dit dans son introduction : « Mon champ, je ne sais pas à quoi il sert, mais je ne peux pas me taire. Parce que, c’est le champ de mon peuple ». Et plus loin, il s’adresse à tous les intellectuels et dit : « Poète, ton silence est crime ».

Balufu Bakupa-Kanyinda paraphrase aussi Patrice Lumumba, dans sa dernière lettre lorsqu’il dit : « l’Afrique écrira son histoire. Elle ne sera pas écrite à Bruxelles, ni à Londres, mais en Afrique, au Congo ». Le travail d’un cinéaste, pense-t-il, c’est de raconter son peuple. Le travail d’un cinéaste, ce ne pas de se battre contre la censure. Dans la charte des droits de l’homme, nous jouissons du droit d’expression comme tout individu. Mais nous jouissons plus que ça, du droit à la créativité. Le droit d’auteur est un droit humain. Donc, la censure est politique.

Et de préciser qu’on n’a jamais reçu de lettre, mais de menaces. « Nous sommes un pays qui n’a pas une autorité du cinéma. L’autorité qui abuse a censuré pour ses propres intérêts. Notre travail a été fait et livré  aux Congolais. Nous l’avons mis sur YouTube et il y a plus de 4500 personnes qui l’ont vu. Nous jouissons de notre liberté et nous demandons à notre pays de protéger le droit aux créatifs congolais de s’exprimer sur leur pays. Nous ne sommes plus à l’époque de l’obscurantisme. Nous avons acquis de savoirs et on ne peut plus parler à notre place », insiste-t-il.

Et d’ajouter : évidemment, nous ne privons à personne le droit de parler du Congo. Quand nous voulons parler du Congo, il ne faut qu’on s’approprie de ce que nous nous avons mis en place.  Thierry Michel a fait des films, dont le seul sujet depuis 30 ans, c’est le Congo. Nous n’avons jamais élevé la voix. Entant que cinéaste, nous avons respecté son travail, parce que c’est son droit. « Ne vous inquiétez pas. Derrière la censure, il y a les menaces de mort, etc. Votre mort arrive quand c’est votre mort. Personne ne meurt de la mort de l’autre. Nous ne mourons que de notre propre mort et nous ne vivons que pour mourir. Nous on s’appelle les Balufu, dans le pays des Baluba ça veut dire, ce qui est en relation avec la mort. Est-ce que les morts ont peur de mourir ? », se demande-t-il.

Balufu rappelle qu’il a passé 45 ans  en dehors de la Rdc, jamais il n’a changé de nationalité. « Nous n’interdisons à personne de parler, mais seulement, il faut prendre conscience que nos droits à la créativité doivent être protégés. C’est ce que nous avons appelé, le viol de l’imaginaire. On prend la créativité africaine, on l’accorde à un autre auteur », indique-t-il.

Ce que nous demandons, c’est le respect de nos droits. Avec les autorités de la culture, de la communication, nous leur demandons de faire respecter nos droits. Nous ne le faisons pas parce que nous voulons de la notoriété.

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