Bunagana ou la Canossa (Un pamphlet de Magloire Paluku)

Bunagana a toujours été une cité de l’humiliation des rébellions. La célèbre cité frontalière de l’Ouganda par où entrent et sortent des millions d’articles divers, du carburant, de la nourriture pour le commerce avec les pays de l’Est jusqu’à l’océan Indien, est une vraie Canossa pour certains incrédules.

Un dimanche de novembre 2008, le monde était énervé de voir le chef rebelle Laurent-Nkunda recevoir le président Olusegun Obasanjo, alors Envoyé spécial des Nations Unies pour la région des Grand-Lacs, à Jomba pendant qu’il régnait sur Bunagana. Les militaires congolais l’avaient délogé de cette bourgade où il percevait des taxes et impôts sur toute marchandise.

Laurent-Nkunda quitta précipitamment Bunagana avant d’être cueilli « en cavale » le jeudi 22 janvier 2009 à 22h30’.

La douane de Bunagana est une mine d’or qui a même rendu le M23 ivre des recettes en mars 2013 et avait créé un conflit d’intérêt entre le Rwanda et l’Ouganda à cause des frais sur le passage des tanks du carburant.

Sultani Makenga sera, aussi, obligé de fuir Bunagana en octobre 2013, laissant tout derrière lui, dans la maison, derrière le bureau de la douane, où il avait remplacé Laurent-Nkunda, quatre ans plus tard. Même les secrets de son intimité sordide et caresseuse furent révélés tout comme les plans de l’organisation politique des rebelles, et les noms de leurs complices.

Deux fois prise, deux fois libérée, 2008 et 2013 ; en 2022, la cité de Bunagana doit faire réfléchir les insurgés trompés par la proximité de la frontière Rwandaise derrière les collines de l’Est de l’agglomération, donnant une voie directe vers le parc du Rwanda, d’où l’on marche dans la forêt avec armes et munitions sans se faire repérer. L’armée congolaise, les Fardc, ont toujours pris le temps de se réorganiser après un temps de colère sur leur débâcle à Bunagana !

Enfin, c’est toujours à Bunagana où avait commencé le conflit visible entre le clan Sultani Makenga et Bosco Ntaganda en 2013. Ils s’étaient canardés jusqu’à la scission selon les intérêts de Kigali et Kampala.

L’histoire est une bonne éducatrice, mais les Congolais pantins désaxés et paumés n’en pigent rien.

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