Dans son Éditorial d’au revoir : l’ambassadeur Mike « Nzita » Hammer impressionné par l’esprit d’entreprenariat et la résilience des Congolais

Alors que ma mission s’achève en République démocratique du Congo après avoir exercé les fonctions d’ambassadeur des États-Unis auprès de la République démocratique du Congo pendant près de quatre ans, je pars impressionné par l’esprit d’entreprenariat et la résilience de son peuple, le dynamisme et l’inventivité de sa jeunesse ainsi que la force et le courage de ses femmes. Je reste optimiste quant à la capacité de la RDC de continuer sur une lancée positive pour le bien du peuple congolais.

Alors que je voyageais de Kinshasa à Kisangani, de Kananga à Kalemie, de Matadi à Mbandaka, de Mbuji-Mayi à Minembwe, de Bukavu à Beni, de Butembo à Bunia, de Goma à Gbadolite et Garamba, de Lubumbashi à Libenge, d’Uvira à Virunga, j’ai rencontré des gens déterminés à promouvoir la paix, à lutter contre la corruption et à bâtir un Congo meilleur qui subvient aux besoins de sa population. J’ai appris comment les citoyens de nos pays partagent des valeurs communes – la passion de la démocratie et le respect des droits humains, le désir d’une bonne instruction pour nos enfants, l’occasion d’avoir un bon emploi et de vivre en harmonie avec notre environnement en bonne santé et en paix.

C’est le fondement même du Partenariat privilégié conclu par les États-Unis et la RDC: investir dans les gens afin qu’ils puissent poser des fondations concrètes pour le développement, la démocratie et la prospérité qui résisteront à l’épreuve du temps. Par l’entremise de l’USAID, les États-Unis fournissent au Congo plus de $750 millions par an, comprenant $427 millions d’aide humanitaire supplantant l’assistance apportée par tout autre pays et plus de $350 millions servant à mettre en œuvre d’importants programmes—que nous continuerons d’appliquer—visant à autonomiser les Congolais, afin qu’ils relèvent les défis congolais.

La force d’une nation réside dans les compétences et la capacité de sa population, l’aptitude d’échanger des idées sans crainte de répression, pour créer de la prospérité par le dur labeur. La responsabilité d’apporter ce changement incombe aux Congolais et les États-Unis se tiennent à vos côtés en travaillant sur ces efforts. Et il est important que nous demeurions attentifs à ces aspirations partagées alors que les tensions persistent dans l’est de la RDC, où des douzaines de groupes armés et d’autres acteurs cherchent à perpétuer l’exploitation illégale des ressources du pays. Les États-Unis appuient fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC et soutiennent les efforts du président Tshisekedi et des leaders de la région pour exercer un leadership responsable et constructif et pour promouvoir la paix et la prospérité. La population de l’est de la RDC a subi des violences, enduré des déplacements et connu l’exploitation depuis trop longtemps.

La pauvreté n’est pas une fatalité que le Congo doit subir. Comme le président Tshisekedi l’a déclaré, la RDC a simplement souffert de la mauvaise gouvernance. Il a aussi désigné la corruption comme étant la « gangrène » qui mine le pays. Bien que nous reconnaissions que la corruption existe dans tous les pays, y compris aux États-Unis, les gouvernements ont la responsabilité de la réduire sous toutes ses formes. Les sociétés démocratiques dépendent de la liberté de la presse et de la liberté d’expression qui permettent aux journalistes et aux citoyens de dénoncer les abus afin que l’on y mette fin et de faire en sorte que les individus responsables répondent de leurs actes. Donc, comme nos pays ont conjugué leurs efforts pour surmonter quatre flambées d’Ebola au cours de mon mandat; contenir le COVID-19; et lutter contre la malaria, le choléra, la rougeole et le VIH-SIDA; nous travaillons ensemble pour réduire la corruption. Prenons le temps de réfléchir: les Congolais ne devraient pas avoir faim dans un pays doté de telles ressources et richesses naturelles. Le Congo possède un potentiel agricole qui lui permet de nourrir toute l’Afrique, un potentiel énergétique pouvant alimenter l’Afrique australe en électricité, une forêt équatoriale précieuse qui peut profiter à ses communautés locales tout en sauvant l’humanité, et le capital humain pour prendre la tête du continent.

Le peuple congolais est, en effet, la plus grande ressource du pays. Il est l’élément clé pour la réalisation des potentialités de cette belle et vaste nation. Aujourd’hui, le Congo subit une transformation en devenant un « pays solution » pour l’environnement tout en étant déterminé à changer pour le meilleur. Les États-Unis sont disposés à vous appuyer alors que vous vous évertuez à réaliser des progrès dans votre société qui tirent profit de la diversité extraordinaire du Congo, à autonomiser les femmes et les filles et à ne laisser aucune place à la haine ethnique. Des progrès peuvent être réalisés par la mise en œuvre de réformes fondatrices dans les secteurs vitaux de la RDC.

Les États-Unis, en dépit de leur longue tradition démocratique, éprouvent toujours des problèmes et nous reconnaissons que nous devons rester engagés à devenir une union plus parfaite. L’Amérique est pourtant toujours considérée comme un leader mondial et la RDC, qui est un pays stratégique au cœur de l’Afrique, peut de même prendre son envol pour le bénéfice de sa population, de la région et du monde. En fait, j’ai eu l’idée de ce que la RDC peut devenir en avril 2021 pendant sa présidence de l’Union africaine quand elle a accueilli une rencontre ministérielle à Kinshasa pour essayer de résoudre les défis du Grand barrage éthiopien de la renaissance. C’est cette expérience qui m’a conduit à assumer d’autres responsabilités en tant qu’envoyé spécial des États-Unis pour la Corne de l’Afrique, après mon mandat en RDC.

Donc, alors que je me prépare à prendre de nouvelles fonctions, je pars avec le Congo dans mon cœur. Je conserverai toujours les souvenirs d’un peuple merveilleux et hospitalier qui m’a honoré en me donnant un nom congolais. Nos selfies et notre engagement sur les réseaux sociaux m’ont fait sentir que j’étais le bienvenu dans toutes les parties du pays. J’ai même apprécié les échanges avec ceux qui étaient en désaccord avec les États-Unis ou avec ses politiques. Nous ne serons, naturellement, pas toujours d’accord, mais quand nous échangeons nos points de vue respectueusement nous pouvons apprendre les uns des autres et devenir meilleurs. Nous devons aussi rester vigilants à l’égard de la désinformation délibérée que certains répandent pour diviser, pour créer le chaos et pour susciter la colère.

Vous avez, en moi, un ami du Congo pour toujours et soyez assurés du fait que les États-Unis resteront à vos côtés comme partenaire fiable et comme ami. Dans cet esprit, je ne dis pas adieu mais plutôt au revoir.

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