Dans une année: L’IGF a mis fin à la prédation dans plusieurs entreprises

Dans une année, l’Inspection générale des finances (IGF) se dit fière d’avoir mis fin à la prédation dans plusieurs entreprises mixtes et celles du portefeuille de l’Etat. A ce jour, grâce à la combinaison des sanctions administratives et judiciaires, certains mandataires se retrouvent en prison, pendant que d’autres ont été suspendus. Le contrôle concomitant ou la patrouille financière initiée par l’IGF a permis de redresser la situation financière de plusieurs entreprises. D’ailleurs, nombreuses sont celles qui ont apuré leurs arriérés et ont permis d’intérioriser la culture fiscale aux mandataires publics. L’IGF qui communique désormais sur les conclusions de ses enquêtes, tout en préservant la présomption d’innocence, pense qu’il revient aux Congolais de s’approprier la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics.

« La lutte contre la prédation financière enclenchée par le chef de l’Etat, à travers l’IGF : Quel rôle pour les femmes et hommes des médias ? », tel est le thème qui a été choisi par l’Inspection générale des finances, à l’occasion de la 5ème journée d’échange citoyen.  Après l’exposé du Coordonnateur Herman Iyeleza Kebe Kenza sur « Les missions, l’organisation et le fonctionnement de l’IGF », la parole a été accordée à Victor Batubenga Pandamadi, chef de service adjoint, qui a planché sur « L’état des lieux des finances publiques en Rdc ».

Le grand moment de cette matinée aura été l’exposé de M. l’Inspecteur général et chef de service Jules Alingete Key, sur « Les méfaits de la prédation financière dans la société, les stratégies mises en place par l’IGF pour lutter contre le détournement ».  Dans une séance qui s’est voulue pédagogique et devant un auditoire acquis à sa cause, Jules Alingete a expliqué que la lutte contre le détournement des deniers publics relève d’une volonté exprimée par le chef de l’Etat lui-même. Et donc, tous les gestionnaires qui ne réalisent pas toujours que l’IGF ne fait qu’appliquer cette volonté, se trompent.

Il a commencé par expliquer les domaines d’intervention de l’IGF. Ainsi, sa structure intervient dans le contrôle du Trésor public dans le compte général du Trésor, il contrôle la régularité des opérations dans les entreprises, l’IGF est dans les provinces et les entités territoriales décentralisées pour s’assurer de la régularité des opérations. Il contrôle aussi la régularité des marchés publics, le fonctionnement de la Banque centrale du Congo (BCC) et le contrôle des biens publics.

Formes de contrôle

Devant les hommes et les femmes de médias, Jules Alingete a expliqué les trois formes de contrôle : à posteriori, à priori, et concomitant. A l’en croire, le contrôle à posteriori, c’est le contrôle de la gestion passée. Il suppose qu’on laisse le gestionnaire poser les actes de gestion. C’est un système qui est en vogue dans les pays où il y a une vraie justice. Le contrôle à priori a lieu avant que le gestionnaire ne pose d’actes. Tandis que le contrôle concomitant a lieu au même moment que les actes sont en train d’être posés.

De l’avis de Jules Alingete, le choix du mode de contrôle dépend de l’ampleur des antivaleurs. « Là où les gens sont civilisés, on laisse les gens gérer et on vient les contrôler après. Mais dans un environnement où les antivaleurs deviennent élevées, on procède au contrôle concomitant », dit-il, avant d’insister sur le fait que c’est le contrôle que l’IGF a choisi et qui pose problème. Il a l’avantage d’être permanent jusqu’à ce que le gestionnaire intériorise les règles de bonne gestion.

A l’occasion, le n°1 de l’IG a expliqué la hiérarchie de contrôle. Il a commencé par le contrôle parlementaire ou politique, qui tient tous les autres contrôles en état. Il y a le contrôle juridictionnel qui est fait par la Cour des comptes. Les deux contrôles s’exercent à posteriori et portent sur les années antérieures. Il a terminé par le contrôle de l’IGF, qui est supérieur à tous les autres contrôles.

Quels résultats et quelles conséquences ?

Dans sa façon de travailler, l’IGF a voulu porter le contrôle au niveau des membres du Gouvernement, les mandataires publics et les gouverneurs de provinces. Car s’ils intériorisent les principes de bonne gestion, il n’y aura pas de détournements de deniers publics au niveau des comptables publics et autres. C’est ainsi que l’Inspecteur général chef de service a expliqué que dans une année, il a mis fin à la prédation dans plusieurs entreprises, suivi de l’arrestation et de la suspension des mandataires.

C’est ici qu’il a précisé que l’IGF relève administrativement du Président de la République, mais aussi du Procureur général de la République à qui il transmet des procès-verbaux, pour déclencher des poursuites contre les personnes soupçonnées de détournement des deniers publics.

En termes de résultats, il a aussi précisé que l’IGF a mis fin à la cacophonie dans la gestion des finances publiques. « Nous avons travaillé en 2020 auprès des opérateurs miniers pour nous assurer du rapatriement des devises », dit-il, avant de se frotter les mains pour avoir découvert et mis fin aux cartes bancaires rattachées au Trésor public. Il a aussi fait observer qu’en 2020, seulement 300 millions de dollars étaient collectés comme recettes. Mais à partir de 2021, c’est 450 millions qui sont collectés chaque mois.

Toujours au cours de ce même exercice, il a cité quelques conséquences des détournements, notamment le fait qu’ils détériorent la qualité de la vie sociale, ils créent un enrichissement d’une minorité de gens, aggravent le sous-développement, la misère et la pauvreté. Selon lui, les détournements engendrent le chômage et entrainent une perte de crédibilité internationale pour un pays.

Pour quelles stratégies ?

Jules Alingete n’a cessé d’insister que l’IGF fait un travail d’exécution, parce que la décision politique appartient au Président de la République. Ainsi, un plan a été présenté et dans lequel plusieurs actions ont été prévues. C’est le cas notamment de la mobilisation des ressources humaines et financières importantes. Ainsi, il est parti de 50 inspecteurs à 225. Car dit-il, il faut un minimum de confort pour assurer la vertu.

Il a aussi cité les réformes des structures de l’IGF. Des quatre brigades trouvées à 10, parce que les finances publiques ont connu une évolution. Il a aussi changé le mode de contrôle. Il est passé du contrôle à posteriori au contrôle concomitant ou la patrouille financière. C’est ainsi qu’il a déployé ses inspecteurs à la BCC, à la chaine de la dépense, dans plusieurs entreprises et établissements publics, FONER, Snel, Regideso, Onatra, Sncc, Occ, … sans oublier les provinces (Kinshasa, Haut Katanga, Lualaba, Kongo Central, etc.).

Jean-Marie Nkambua

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