Elections 2023 : combien de programmes en vue ? 10 ? 15 ?

Trente et trois candidats lors de la présidentielle de 2006 avec autant de programmes ; 11 à celle de 2011 avec chacun le sien, 21 candidats en 2018 avec un nombre équivalent de programmes : combien seront-ils en 2023 ?

On peut supposer qu’ils ne seront pas moins de dix. Pour l’instant, ils sont déjà deux à s’afficher : Félix Tshisekedi (qui succède à lui-même) et Augustin Matata Ponyo. D’ici à 2023, peut-être qu’on entendra ou on verra s’annoncer Adolphe Muzito ou Martin Fayulu, sinon Moïse Katumbi ou un Kabila, ou encore Denis Mukwege ou Vital Kamerhe, et pourquoi pas tous ?

Chacun, c’est vrai, va se présenter avec son projet de société souvent confondu avec le programme de gouvernement pour la campagne électorale.

Seulement voilà : l’expérience des trois derniers cycles électoraux (2006, 2011, 2018) démontre amplement que les programmes pour lesquels les candidats sollicitent le suffrage du peuple pendant la campagne électorale ne sont jamais ceux que les vainqueurs appliquent.

En effet, la combinaison des alinéas 1, 2 et 5 de l’article 91 avec les alinéas 4 et 5 de l’article 90 de la Constitution a pour conséquence l’application d’un autre programme que celui pour lequel le candidat élu est devenu Président de la République.

En effet, les alinéas 1, 2 et 5 de l’article 91 disposent « Le Gouvernement définit, en concertation avec le Président de la République, la politique de la nation et en assume la responsabilité »,  » Le Gouvernement conduit la politique de la nation » et « Le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale dans les conditions prévues aux articles 90, 100, 146 et 147 ».

Tandis que les alinéas 4 et 5 disposent : « Avant d’entrer en fonction, le Premier ministre présente à l’Assemblée nationale le programme du Gouvernement » et « Lorsque ce programme est approuvé à la majorité absolue des membres qui composent l’Assemblée nationale, celle-ci investit le Gouvernement ».

Ainsi, le programme pour lequel le gouvernement obtient l’investiture de l’Assemblée nationale n’est pas celui initial du Président de la République élu.

On devine la suite : si le Président de la République en fonction n’est pas réélu, et malgré la notion de la continuité de l’Etat consacrée dans la Constitution, son successeur viendra avec son programme qui pourrait être différent de celui pour lequel le gouvernement sera investi par l’Assemblée nationale.

Conséquence : le Congo ira de rupture en rupture malgré la consécration de cette notion.

Dès lors qu’il est acquis qu’aucun régime au monde n’achève le développement national le temps de son mandat, le Congo aura du mal à se reconstruire, voire à se construire, si tous les cinq ans ou tous les dix ans, un régime doit tomber et le remplaçant doit s’estimer en droit de procéder au changement promis pendant son mandat ou pendant sa campagne.

Serait-ce un plaidoyer pour le régime monolithique ? Que Dieu nous en garde.

En ce jour historique du 20 mai rappelant la naissance du MPR (1967-1973) puis le règne sans partage du MPR Parti-Etat (1973-1990), un tel plaidoyer serait une calamité. D’ailleurs, l’article 7 de la Constitution actuelle qualifie d’imprescriptible l’infraction de haute trahison pour instauration du parti unique.

L’idéal serait plutôt qu’un mécanisme de continuité soit convenu, de façon que tout programme de reconstruction ou de construction en cours de réalisation soit mené jusqu’à terme, selon le timing défini.

L’exemple peut déplaire, mais c’est justement celui qui convient : le PDL-145 (Programme du Développement Local des 145 Territoires) initié par le Président Félix Tshisekedi.

En toute logique, ce programme mérite un soutien national car son objectif est celui de toutes les forces politiques et sociales ayant la passion du Congo : opérer le développement intégré et intégral du pays.

A-t-il un timing ? Évidemment non. Et comment le fixerait-on ? D’ailleurs, ce serait un non-sens.

Le cas des États-Unis est suffisamment éloquent. Voilà une superpuissance économique et sociale bicentenaire qui voit son 46ème Président de la République, Joe Biden, proposer un programme de 2.000 milliards de dollars pour notamment des infrastructures des voies de communication ! But : réaménager et aménager des routes, des chemins de fer, des ports, des aéroports etc.

C’est la preuve qu’on n’arrête jamais le progrès économique et social dans un pays. Après tout, on n’interrompt jamais la démographie. Aucun pays au monde n’a un programme  » Naissance Zéro « .

Donc, tout évolue en fonction de la croissance démographique.

Que faire alors, surtout pour un pays comme la RDC dont le développement s’effectue en dents de scie depuis bientôt 62 ans ?

Voilà une réflexion à laquelle les Congolais doivent se livrer pour que les enjeux politiques généralement flottants ne remettent pas en cause les avancées significatives obtenues en matière de reconstruction et de construction.

D’ici au 30 juin 2022, le pays a encore une quarantaine de jours pour se déterminer.

L’essentiel à retenir est que les acquis, il faut toujours, mais alors toujours les préserver !

C’est ce qui fait la force de tout pays, et la fierté de tout peuple…

Dans la perspective de 2023, pensons-y sérieusement !

Omer Nsongo die Lema

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