Gilbert Balufu s’attend à la comparaison des films « Congo ! Les crimes oubliés » et « L’empire du silence »

En ce qui concerne la motivation de son film, Gilbert Balufu explique que le titre lui-même dit tout : « Congo ! Les crimes oubliés ». Selon lui, ces crimes n’ont pas  commencé aujourd’hui. Ils ont commencé en 1961 quand on a tué Lumumba. C’était le plan des Occidentaux, celui d’anéantir Patrice Lumumba, le porte-parole de tous les Congolais. 32 ans après, on a créé la guerre de l’Est. Là, on s’en est pris à tout un peuple à travers la guerre de l’Afdl. « Ce film explique tout ce qui s’est passé durant la guerre. Je suis Congolais et chaque cinéaste a un thème. Moi j’ai choisi celui-là pour expliquer au monde ce qui se passe dans mon pays. Au départ, je voulais écrire un livre et je me suis dit qu’il ne pouvait pas fédérer tout le monde. Le film, on peut le voir à la télévision et c’est pourquoi je suis passé du livre au film. Malgré la censure, les gens ont fini par le voir. C’était pour informer  la communauté universelle sur l’ampleur des crimes commis en Rdc », précise-t-il.

Ainsi, Gilbert Balufu insiste que son film a été plagié par le cinéaste Thierry Michel, qui n’est pas un ami, mais un collègue. Entre collègue, on échange des supports. Il avait déjà aimé le film en 2017 parce qu’il était au Fespaco. En 2019, nous nous sommes revus lors du cinquantenaire du Fespaco. Il m’a dit qu’il a beaucoup aimé le film et que si je pouvais lui envoyer le lien. En 2020, il est revenu en Rdc pour présenter son film sur le Docteur Mukwege. La France avait influencé plusieurs festivals dans le monde pout que le film ne soit pas projeté.

« Mais il a tout calqué sur mon film pour réaliser l’Empire du silence. D’ailleurs, quand vous voyez l’empire du silence et Congo ! Les crimes oubliés, le titre ne sont pas tellement loin. Même le synopsis, il a copié le mien », note-t-il.

Au sujet des images du film « Mobutu roi du Zaïre », Gilbert Balufu explique que mon film est sorti début 2015 et depuis lors, Thierry Michel n’a jamais parlé de quelconques images prises dans son film. C’est seulement quand la plainte lui est parvenue qu’il parle des images que j’aurais prises chez lui. « Ce sont des images congolaises que j’ai prises à la Rtnc. J’ai la lettre du ministère et de la Rtnc. J’ai le droit d’utiliser les images congolaises. Il faut qu’il nous prouve que ces images-là lui appartiennent. Je sais que les seules images qui peuvent être dans mon fil, ce sont les images de 1966 quand Mobutu est allé voir le président Nixon à Washington. Thierry Michel avait 14 ans et je ne sais pas comment il peut dire que ces images-là lui appartiennent », se demande-t-il.

C’est ici qu’il dit avoir porté plainte et attends qu’il puisse venir avec son film pour une séance de comparaison. Mais depuis qu’on a demandé sa copie, il ne l’a jamais fait. Il répond par le mépris et c’est la justice qui va trancher.

Soulignons que pour réaliser son film, Gilbert Balufu dit avoir fait le tour du monde, parce que l’objectif était d’être original, en écoutant les populations et les témoins. Car il se disait, on ne peut pas faire un film documentaire sans poser des questions aux gens. J’ai fait d’abord le tour du Congo, il fallait poser des  questions aux populations congolaises pour qu’elle puisse dire ce qu’elles pensent de cette guerre. Après avoir fait le tour du Congo, j’ai fait deux fois le tour du Rwanda, des allers retours entre Goma et Kigali, où j’ai posé des questions à beaucoup de Rwandais Tutsi et Hutu et j’ai eu beaucoup d’informations, surtout qu’il fallait aller à la source.

Ensuite, quand je suis revenu, j’ai fait le tour des Etats-Unis, parce qu’il fallait trouver les témoins, les gens qui connaissent l’histoire, les gens qui peuvent parler de cette tragédie sans porter de gants. C’est ainsi que je suis tombé sur le professeur Aringer, Charles Onana que je connais bien longtemps. Le film est sorti pour la première fois au Zimbabwe international festival en 2015.

Par après, j’ai eu beaucoup d’ennuis et j’ai  échappé à 5 tentatives d’assassinat. C’est ainsi que je suis allé en exil en 2018, pour retourner en Rdc après le changement de régime, en 2019.

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