L’accord ‘’3 R’’ : Rwanda, Royaume-Uni et Réfugiés: Uncle Sam mitigé, Amnesty international et HCR préoccupés

Le Rwanda du président Paul Kagame et le Royaume –Uni du Premier ministre Boris Johnson ont signé un accord, consistant dans l’envoi de migrants illégaux sur des sols étrangers. Le Premier ministre britannique en a expliqué la substance dans une déclaration publique. C’est qu’à partir du jeudi 14 avril courant, le Rwanda allait accueillir tous les migrants illégaux arrivés au Royaume-Uni, quelle que soit leur nationalité. A propos, il ressort de (www.lexpress.fr) que plusieurs ONG s’offusquent de cette décision. Et pas à tort, comme on peut le comprendre à première vue. Dans la mesure où, les priorités de développement des États d’Afrique appellent noblement un transfert des technologies. Plus d’une fois, des milieux autorisés à l’échelle du continent sont montés au créneau pour rappeler cette exigence. Pour sa part, Kigali accepte d’être le déversoir de ce dont Londres entend se débarrasser. Il nous revient que les parties sont restées muettes quant à la durée de leur accord et sur le nombre estimatif du premier lot destiné au pays d’accueil. Ce qui a filtré dans la presse, c’est l’enveloppe de 144 million d’euros que Londres fait suivre à la volonté exprimée par Kigali. Le Premier ministre britannique a beau affirmer, non sans diplomatie que le Rwanda est un pays sûr. Il n’a pas mentionné que l’espace d’accueil devra être envisagé au prorata de la superficie du pays et de la densité des populations avant ledit accord.

 Entre la reprise de la coopération militaire annoncée par le Pentagone et le déversoir de l’accord ‘’3 R’’ : Qui des garanties pour l’Est de la Rdc  

 ‘’Mieux vaut prévenir que guérir’’, dit une sagesse populaire. Partant, les ONG de bonne conscience qui s’offusquent, redoutent la répétition de l’histoire dans la région des Grands-Lacs. Car au début de ‘’l’aventure’’ militaire dans l’est de la RDC, l’argument était que le ‘’curage’’ des lieux s’imposait, pour prévenir d’éventuelles surprises désagréables des Interahamwe. Depuis, cet argument ne sert plus de paravent, mais la tranquillité de vie demeure une préoccupation pour les bonnes consciences dans l’est de la RDC.                       Dans cette dynamique, le pays de l’Uncle Sam a annoncé la reprise de la coopération militaire avec la RDC. C’était au terme d’un protocole d’accord signé mercredi 28 octobre 2020. Le cadre choisi à cet effet, le Palais de la Nation, devant plusieurs officiels dont l’ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer et Aimé Ngoyi Mukena, alors ministre de la Défense nationale et Anciens combattants.  Dans sa déclaration illico, le diplomate américain a notamment fait allusion (à la perspective) d’appui de son pays à un plan intégral qui combat la multitude de groupes armés qui terrorisent les populations dans l’Est de la RDC, de Bunia à Beni jusqu’aux hauts plateaux. Le plan intégral mettant en œuvre, par ailleurs, un processus de Démobilisation, de Désarmement et de Réintégration (DDR). L’ambassadeur des USA en RDC a qualifié d’important, le protocole d’accord entre les deux pays. Un signe de la relance et la redynamisation de la coopération militaire entre les deux nations, a-t-il renchéri. (Lire à cet effet, le bulletin de l’ACP n°4915 du jeudi 29 octobre 2020). Depuis ces déclarations de bonnes intentions, les groupes armés implantés dans l’Est de la Rdc, butent à l’ordre opérationnel de l’état d’urgence, selon le vœu des Congolais de préserver la paix, base de tout développement.

Quand des actions non-logiques s’accumulent, les perspectives d’une paix durable compromises

La région des Grands-Lacs a perdu la vocation de ‘’région sûre’’ autant pour les touristes que pour les investisseurs sérieux. Pour l’accord ‘’3 R’’ : Rwanda, Royaume-Uni, Réfugiés, la persistance des inquiétudes en rajoute à des actions non logiques. En effet, le Premier ministre britannique a beau affirmer, non sans diplomatie que le Rwanda est un pays sûr. Il sait à quoi tient son affirmation, autant les victimes d’insécurité bi-décennale dans l’Est de la Rdc savent que la paix durable ne saurait venir de quelque enchevêtrement d’actions non logiques. A propos, (www.lexpress.fr) citant Amnesty international, met en lumière des craintes plausibles : ‘’L’ONG dresse sur son site la liste des inquiétudes pouvant naître de l’arrivée dans ce pays  de milliers de personnes issues de cultures différentes : Irak, Syrie, Érythrée… De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés redoute que le principe de déversoir dans le cadre de l’accord ‘’3 R’’ ne contredise la Convention de Genève pour les réfugiés. Pour l’heure, les bonnes consciences rappellent aux dirigeants du continent en général et ceux de la région des Grands-Lacs en particulier le respect de la parole. Car la démocratie, vecteur d’une paix durable en dépend aussi. Pour rappel, Kinshasa et Kigali ont signé, samedi 26 juin 2021, un accord pour mettre fin à l’insécurité dans la région. C’était au sommet, le Président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame. ‘’L’insécurité empêche le développement économique des deux Etats’’, a-t-il dit, avant la rencontre de Rubavu, le 25 juin 2021. (Lire l’ACP n°5113 du lundi 28 juin 2021).  Les deux Présidents étaient en tête à tête le 17 mai 2021 à Paris, en marge du sommet international pour le financement des économies africaines.

Payne

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