Le bicéphalisme, un mal à extirper à jamais dans le mouvement sportif congolais

La situation que vit actuellement la boxe congolaise est délétère à la bonne marche de la discipline. Deux camps opposés se disputent la conduite des affaires de la fédération. D’un côté, le camp du Général Ferdinand Ilunga Luyoyo issue des élections du 31/01/2022 et de l’autre côté, le camp de Mukadi Manda ou le camp des opposants. Ce dernier camp, a opté pour la mise en place d’un comité provisoire à la tête de la Fédération Congolaise de Boxe ‘’FCB’’. En terme clair, l’on est en face d’une situation de bicéphalisme. Bi=double. Pour ceux qui ne le savent pas, le bicéphalisme dans le langage du mouvement sportif congolais, c’est le dédoublement d’une entité sportive. On doit noter que celui-ci nait à la suite de divergences, de division ou du mécontentement qu’on enregistre au sein de l’entité concernée. Et disons-le clairement, parmi les maux qui rongent le sport congolais, le bicéphalisme a une part importante dans la stagnation du sport.

Les cas de bicéphalisme déjà enregistrés en RDC

En RDC, l’histoire nous renseigne que c’est dans les années 2010 qu’on avait enregistré plus de cas de bicéphalisme. La gangrène avait atteint tous les niveaux, ententes, ligues et fédérations sportives. Le comble est qu’il avait même atteint la fédération des fédérations qu’est le Comité Olympique Congolais ‘’C.O.C’’. D’un côté, l’on retrouvait le président Jean Beya wa Kalenga et de l’autre côté, le reste des membres. Au niveau des ententes, on avait enregistré le bicéphalisme à l’entente urbaine de Karaté Lipopo qui s’était dédoublé et au niveau de l’entente urbaine de judo de Kinshasa centre de judo. Au niveau des ligues, l’on avait connu le bicéphalisme au niveau de la ligue d’athlétisme de Kinshasa avec d’un côté le président Jean Claude Eale et de l’autre côté le comité mis en place par la Fédération d’Athétisme du Congo ‘’Féaco’’. On avait également connu le bicéphalisme au niveau de la Ligue de Karaté Do de Kinshasa. Au niveau des fédérations sportives, on avait enregistré plusieurs cas de bicéphalisme.

Au niveau de la Fékaco (karaté), on avait deux camps antagonistes qui se disputaient la paternité de la Fékaco. D’un côté, on avait le comité présidé par Armand Kitenge Lubanda dont le comité était élu le 18 décembre 2009. Et de l’autre côté, le comité Edo Kiaku Mbuta. Il y avait également bicéphalisme au niveau    de la Fénacoju (judo). D’un côté, on avait le camp de Feu président Francis Bimwala et de l’autre côté ceux qui n’émettaient pas sur la même  longueur d’onde que lui. C’est camp constitué par Feu Me Franck Kiloso, Me Bondonga et autres. Ce camp avait mis en place la Fénajuco. Il y avait bicéphalisme à la Févoco (volley-ball). D’un côté, il y avait le camp du président Beya wa Kabenga et de l’autre côté le camp du  Général Ijila Yav(à l’époque Colonel). Il y avait bicéphalisme au niveau de la fédération de catch. D’un côté, il y avait le camp des adeptes de catch avec fétiche et de l’autre côté, le camp des adeptes de catch sans fétiche. On connu le bicéphalisme au sein de la Fédération de Nzango Moderne. Et tout récemment dans les années 2020, on a connu le bicéphalisme au niveau de la Fécolutta (Luttes). Et voilà qu’en 2022, l’on connait le bicéphalisme à la FCB  (Boxe). On a d’un côté le camp du Général Ferdinand Ilunga Luyoyo et de l’autre côté, le camp de Mukadi Manda.

Le bicéphalisme n’a pas favorisé le sport congolais

Le comble dans ces différents cas de bicéphalisme, entre le ministère des sports et loisirs et le Comité Olympique Congolais, le courant ne passait pas à propos de la gestion de la crise née du bicéphalisme dans ces fédérations. Ces conflits avaient dépassé le cadre local pour se transposer à l’extérieur lors des compétitions internationales. L’image du pays était noircie par le spectacle désolant qu’offraient les congolais. Au niveau du pays, il y avait dédoublement des compétitions nationales. A titre indicatif, nous nous souvenons qu’en volley-ball Ijila avait organisé à Lubumbashi et jean Beya avait organisé à Kinshasa. La carrière de plusieurs athlètes était perturbée. Le ridicule était poussé plus loin au niveau du Comité Olympique Congolais où il a fallu l’intervention de l’instance internationale pour mettre un terme au conflit. Quant aux conflits au niveau des fédérations, le secrétariat Général aux sports et Loisirs s’était impliqué avec tact pour réussir à calmer la tempête. L’entente entre le ministère des sports et loisirs et le COC avait fini par aplanir les divergences. Le sport est un facteur de cohésion nationale. A ce titre, l’on doit retenir qu’il n’y a pas un secteur qui peut réunir la totalité des congolais (toutes tendances confondues, toutes religions …) que le sport. Etant donné que les fédérations sportives sont des associations d’utilité publique. Et à ce titre, elles supplient l’Etat congolais dans l’encadrement de la jeunesse. Le gouvernement doit comprendre que de la quiétude au sein des fédérations sportives, il y va de la sécurité et de l’avenir du pays. Nous devons tous comprendre que la division n’amène nullement le progrès mais bien le contraire. Le ministère est appelé à s’impliquer pour décanter la crise à la FCB.

 

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