Le Pasteur Éric Nsenga contre la diabolisation de la CENCO et de l’ECC

Dans une interview accordée jeudi 29 juillet 2021, le Pasteur Éric Nsenga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC) est monté au créneau pour fustiger le recours aux menaces et intimidations à l’endroit des confessions religieuses par des officines politiques. Il a mis en garde contre ce modus operandi d’autant plus que  « les confessions religieuses ne sont pas une entreprise d’embauche pour caser des personnes à la centrale électorale (…) Les confessions religieuses n’ont pas reçu la mission de devenir une sous-traitance politique. Les confessions religieuses doivent jouer les rôles leur assignés par les lois de la République qui relèvent de la volonté du peuple. (…) Que les personnes du côté de la majorité et de l’opposition sachent que ça nous diminue lorsqu’à tout moment, la population a l’impression que les confessions religieuses jouent le jeu des politiques », poursuit le porte-parole de l’ECC.

S’exprimant sur l’option levée par les 6 autres confessions religieuses, de désigner un candidat président de la CENI en l’absence de l’ECC et l’Église catholique, le pasteur Nsenga s’est appuyé sur « le principe de proportionnalité » dans le traitement des cas, ayant prévalu en son temps pour le rejet de Ronsard Malonda. « Lorsque nous étions dans le cas Malonda, n’est-ce pas qu’il y avait 6 confessions religieuses qui avaient prétendu avoir voté pour lui. Pourquoi tout le monde y compris les forces politiques étaient dans la rue ? Là, ils ont oublié que le principe de la majorité existait ? Pourquoi tout le monde avait pensé que ce n’était pas le bon choix ? Vous pensez que notre compatriote Malonda n’était pas compétent ? C’est faux. Il est compétent. Il a un CV calé. Les juristes ne vont pas nous contredire sur le principe de proportionnalité dans le traitement des cas. Lorsque pour un même cas portant sur un même objet, dans les mêmes circonstances et la même procédure, vous avez abouti à une conclusion, cela oblige que vous ayez la même conclusion pour une situation similaire. Pourquoi le même cas qui se pose aujourd’hui dans les mêmes circonstances et sur le même objet, on veut aboutir à un autre résultat ? C’est irrationnel », a-t-il affirmé.

Il a martelé sur l’équité qui doit être la boussole de l’action des confessions religieuses. « La notion de la justice va avec l’équité. Ce que nous exigeons au pouvoir, nous devons l’exiger à l’opposition. Ce que nous avons exigé à Malonda, nous devons l’exiger à telle autre personne qui émane d’un processus qui n’est encore arrivé à son terme. C’est ça le sens de la justice. Si les confessions religieuses commencent à prendre la défense de la majorité ou de l’opposition, nous tombons dans l’injustice. Le rôle qui nous est dévolu est celui de l’arbitrage. Pour mieux le remplir, il faut la sincérité, la vérité, la justice et l’équité », a indiqué le pasteur Nsenga. Toutes les confessions ne l’entendent pas de cette oreille, certains observateurs pensent même que les églises catholiques et protestantes ne sont que « des  gens qui se sont déportés de leur mission originelle pour se porter sur l’argent de la politique… » pendant que d’autres estiment qu’il faut beaucoup du respect à l’église catholique et à l’ECC et qu’il faille ‘appliquer l’article 17’ qui prescrit que seuls la signature de la présidence de la sous-commission (CENCO) ou celles de la CENCO conjointement avec celles d’autres confessions ne peut légitimer le  rapport des travaux des confessions. Est-ce une sorte de droit de véto ou complexe de supériorité des églises catholique et protestante ?

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