« Le processus de Nairobi vient enlever toute excuse aux groupes armés »

En effet, c’est depuis des années que la MONUSCO accompagne le Gouvernement congolais et les mêmes problèmes surgissent. La MONUSCO ne conseille pas son partenaire par rapport à des ratés des pourparlers ? La MONUSCO n’arrive-t-elle pas à dire au Gouvernement de pouvoir changer de stratégie puisqu’apparemment, certains de ces acteurs de ces groupes armés n’étaient pas dans les pourparlers alors que la guerre continue à l’Est. Qu’est-ce qu’on peut attendre de la MONUSCO autour de cette question comme elle est positionnée ici dans la province où il y a trop de problèmes sécuritaires ?

A toutes ces questions, le  Porte-parole de la MONUSCO, Mathias Gillmann, pense que tout le monde se rend bien compte que ce n’est pas la première fois qu’il y a des processus de dialogue qui sont lancés avec les groupes armés et qu’effectivement, cela n’a pas réussi à régler le problème de manière définitive.

« Mais pour nous, ce qui est important, ce qu’il y a des efforts dans le cadre de l’intégration de la RDC dans la Communauté de l’Afrique de l’Est, il y a des efforts qui sont entrepris au niveau régional et sous la facilitation du président Kenyatta. Ces efforts-là, nous les saluons parce que cette dimension régionale est une dimension fondamentale pour régler les problèmes de fond liés à la violence armée à l’Est », explique-t-il.

Pour Mathias Gillmann, ce processus de Nairobi vient juste de commencer et pour nous c’est une opportunité qui enlève aussi toute excuse aux groupes armés pour ne pas désarmer car ce sont des consultations auxquelles des représentants des groupes armés sont invités. Encore une fois, ce n’est pas nous qui décidons qui est invité. C’est la facilitation kényane et le Gouvernement congolais.

Et d’ajouter que nous pensons que des consultations qui continuent avec ces représentants des groupes armés et aussi avec les victimes et les représentants des communautés peuvent permettre d’appuyer la stratégie nationale de désarmement et de réintégration communautaire et peuvent permettre de nourrir ce processus de réintégration communautaire pour trouver des solutions à long terme qui vont encore une fois, comme on le répète souvent, au-delà de la réponse militaire.

La réponse militaire, évidemment, est fondamentale, est nécessaire contre les groupes armés. Mais il faut aussi, je le répète souvent, s’attaquer aux causes profondes du conflit, s’attaquer à toutes les questions qui font que des communautés n’arrivent pas à cohabiter de manière pacifique. Et tous ces problèmes d’accès aux ressources, d’accès à la terre et de règlement pacifique des conflits, c’est quelque chose qui peut aussi être réglé, en tout cas, aider à trouver des solutions communes, dans le cadre du programme de DDRCS. Ces consultations de Nairobi nous semblent une opportunité à saisir pour travailler à tout cela.

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