Les vrais responsables se défilent : Quand un simple porte-parole de la branche armée engage le M23 !

Lorsqu’on envisage de négocier avec un Gouvernement central et y impliquer les institutions internationales (Onu, Ua, Ue), les institutions régionales (Cééac, Sadc, Cirgl, Eac), mais aussi des Etats (Angola, Congo-Brazzaville, Kenya, Ouganda, Rwanda, États-Unis, Royaume Uni, Belgique, France, Allemagne, Chine, Russie, Japon ou Inde, la fonction qu’on exerce en tant qu’interlocuteur attitré compte. A moins de les prendre pour moins que rien !

Dans le communiqué publié le 29 mai 2022 à partir de Sarambwe (localité non autrement identifiée) en réaction à la décision des autorités congolaises de le traiter désormais en organisation terroriste, avec pour conséquence de l’exclure du processus de Nairobi, le M23 s’est fait engager non pas par un président ou un secrétaire général, mais par un porte-parole, et encore de sa branche armée dénommée Arc, un certain major Willy Ngoma.

Pourtant, dans l’introduction, il est clairement dit : « La Direction du Mouvement du 23 mars a suivi avec une particulière attention les décisions du Conseil Supérieur de la Défense de la RDC réuni le 28 mai à Kinshasa sous la conduite du Président de la République, Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo et en a pris acte».

Peut-être que Willy Ngoma veut s’inspirer de Laurent-Désiré Kabila, à l’époque porte-parole de l’Afdl, devenu interlocuteur valable pour Outenika. Pas de chance pour lui : Félix Tshisekedi n’est ni physiquement, ni psychologiquement dans la peau du Maréchal.

Willy Ngoma doit arrêter de rêver. Et ses « chefs » cesser de se moquer de la logique.

Son communiqué, avec  en-tête M23, trahit le peu de sérieux autant de cette organisation que du signataire. Déjà, du point de vue de la grammaire, de la première à la dernière ligne sur ses six pages, l’affirmatif se télescope avec le conditionnel, et cela sur fond d’un « Du coq à l’âne ».

Tout indique qu’aux abois, et voulant se dédouaner, le mouvement rebelle se résout à jeter le discrédit sur les autorités politiques et sécuritaires congolaises qu’il accuse de forfaiture, mieux de traîtrise.

Futé, il cherche à semer le trouble dans des communautés ethniques et tribales de l’Est du pays, citant nommément les Nande, les Hutu, les Banyamulenge, les Tutsi etc. comme victimes potentielles du génocide en préparation par les autorités congolaises avec le concours des Adf, des Fdlr, etc.

Ce chantage ne convainc plus la communauté internationale, à l’exception d’une minorité agissante dont le mépris à l’égard de Kinshasa est de notoriété publique, peu importe le régime en place. Une minorité acquise au schéma de balkanisation du Congo au motif, selon elle, d’un pays trop grand pour être bien gouverné. Schéma auquel, cela est connu de tout le monde, quelques régimes de la sous-région des Grands Lacs ont adhéré au point d’en devenir le bras séculier.

Cette minorité, il faut l’avouer, a encore pignon puisqu’elle reste active dans les labyrinthes de la tour de verre de l’Onu, du Département d’Etat ou Berlaymont à Bruxelles. Voyez comment elle est en train de retourner la communauté internationale contre la RDC, qu’elle fait passer de victime en bourreau, dans le bras de fer entre Kinshasa et Kigali !

De plain-pied dans la discrimination ethnoraciale

En révélant dans son communiqué qu’il est congolais à 100 %, le M23 ramène à l’esprit la préoccupation première évoquée dans les dernières livraisons.

En effet, dès lors qu’il s’agit d’un groupe armé congolais, en quoi la question de la sécurité du Rwanda le concerne-t-il ? Et si la communauté rwandophone est censée comprendre les Hutu, les Tutsi et les Twa, pourquoi le M23 croit-il mieux la sécuriser par le Rwanda et l’Ouganda interposés que par la RDC ? A moins que dans son entendement, la communauté rwandophone se résume aux Hutu et non aux Tutsi et aux Twa. Ou aux Twa et non aux Hutu et aux Tutsi. Ou encore aux Tutsi et non aux Twa et aux Hutu.  Dans tous les cas, le M23 pratique la discrimination ethnoraciale.

Imaginons un seul instant ce qui adviendrait du Congo-Kinshasa si la communauté Kongo se mettait, à son tour, à considérer qu’elle serait mieux sécurisée par l’Angola et le Congo-Brazza que par la RDC puisque ces pays voisins abritent aussi des Né Kongo ! Imaginons que cela fasse tache d’huile à l’Equateur (avec des communautés à cheval entre le Congo-Brazzaville et la Rca), au Katanga (avec des communautés à cheval entre la Tanzanie, la Zambie et l’Angola). Même au Centre, le Kasaï placerait ses espoirs en…Angola.  Ce serait la disparition physique de la RDC préconisée par la minorité pro-Berlin II.

 L’histoire se répète sous nos yeux

Le « vivre ensemble » congolais, façonné sous la colonisation avec, sans doute, des faiblesses favorisées par Bruxelles, s’efforce de se consolider tant bien que mal depuis 1960.

C’est lorsqu’on a commencé à instrumentaliser la particularité rwandophone que les choses se sont mises à se gâter au travers de la politique discriminatoire de victimisation  consistant à faire croire à la communauté internationale que dans tout congolais tapît un anti-rwandais.

Aujourd’hui, ceux qui ont conçu, planifié et administré cette particularité, jusqu’à suggérer l’utilisation de l’arme létale via des guerres cycliques, réalisent qu’ils ont rendu un service mauvais autant aux Rwandophones qu’aux Rwandais, Tutsi en particulier.

Le tort du M.23 est, dès lors, de n’avoir tiré aucune leçon de sa défaite de 2013. En reprenant les armes au mauvais moment et au mauvais endroit, il n’a que ses yeux pour pleurer parce que même le Pouvoir rwandais le renie déjà !

Que lui reste-t-il pour sa survie puisque le Pouvoir congolais le traite en même temps d’organisation terroriste, même si la minorité pro-Berlin II semble plaider pour lui ?  Comme relevé dans la dernière livraison, sa énième sortie armée est de trop.

Etant finalement la victime première des propres turpitudes du M23, la communauté rwandophone doit réaliser qu’elle n’a rien à gagner en continuant à se singulariser des autres communautés congolaises. Ceux qui se sont servis d’elle au pays, dans la sous-région et ailleurs, pour un agenda dans lequel elle compte pour moins que rien  finiront bien, tôt ou tard, par se raviser.

Signe avant-coureur : le communiqué signé par Willy Ngoma, porte-parole non du M23 mais de l’Arc – simple branche armée d’un groupe insurrectionnel, c’est-à-dire anticonstitutionnel – a une signification forte : les responsables véritables de ce mouvement refusent de s’engager dans la nouvelle et dernière aventure. Ils se défilent…

En d’autres mots, en refusant d’apparaître eux-mêmes, Sultani Makenga, Jean-Marie Runiga, Laurent Nkunda et autres Bertrand Bisimwa n’ont pas envie de rejoindre Bosco Ntanganda à La Haye !

Ils ont vite fait de recruter leur nègre de service, et ce nègre ose s’adresser officiellement au Pouvoir congolais (qui le conteste) et à la communauté internationale (qui semble l’encourager). L’histoire se répète sous nos yeux : Willy Ngoma a été précédé par Ernest Wamba, Emile Ngoyi, Adolphe Onosumba ! Pour quel résultat ? Ils sont tombés dans l’oubli, morts ou vivants…

Omer Nsongo die Lema

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