L’ODEP recommande au Gouvernement la réduction de train de vie des institutions et réaffecter les économies ainsi faites au financement de la riposte

L’analyse de l’Observatoire des dépenses publiques (ODEP), d’une durée de 9 mois, a porté sur la situation du financement du programme multisectoriel d’urgence d’atténuation d’impact de la covid-19 en République Démocratique du Congo.  Il ressort de cette analyse que sur un coût global de USD 2 610,62 millions, le PMUAIC-19 n’a été financé que de USD 738, 20 millions, soit un taux d’exécution de 27,46 %.

La part du gouvernement congolais est de USD 14,62 (2,04%) et celle des Partenaires Techniques et Financiers de USD 723,58 (97,96%).  Le montant décaissé a été de 141,17 millions USD, soit 19,68% du financement disponible et 5,4 % des besoins globaux ; la part de la contribution du gouvernement dans la prise en charge des besoins globaux est de 0,5% ; par conséquent, la mise en œuvre de ce programme demeure trop faible par rapport aux prévisions.

Par conséquent, l’ODEP recommande au Gouvernement la réduction de train de vie des institutions et réaffecter les économies ainsi faites au financement de la riposte, et passer ainsi d’une contribution modique, 0,5% des besoins globaux à au moins 20% c’est à dire 522 millions de dollars américains ;

Vu le bon comportement des régies financières dans la mobilisation des recettes, la proposition d’un collectif budgétaire s’impose pour intégrer les efforts de mobilisation des recettes par régies financières et augmenter la part de l’Etat dans le financement du PMUAIC.

La mobilisation les mécanismes de contrôles : renforcer l’Inspection Générale de la Santé en lui donnant les moyens humains, matériels et financiers conséquents ; L’Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes doivent rester dans une position d’alerte permanent pour contrôler la gouvernance financière du PMUAIC.

L’ODEP recommande aussi la décentralisation de laboratoires de diagnostic et la généralisation du test pour une détection précoce de cas du COVID-19 à travers le pays ; L’information sur les fonds déjà récoltés par le Fonds National de Solidarité (Montant, origines, affectations) ; La publication urgente d’un plan d’accompagnement des opérateurs économiques aussi bien du secteur formel qu’informel pour réduire l’impact négatif du COVID-19 sur les activités économiques et le social de la population ; L’amélioration de la protection ainsi que de la prise en charge matérielle et financière du personnel de santé ainsi que des policiers réquisitionnés pour la lutte contre la COVID-19 ; Le renforcement de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics et l’affectation des fonds ainsi récupérés à la riposte contre le COVID19 et particulièrement à l’amélioration de la qualité et des conditions de travail dans les formations sanitaires publiques ; La mise en route, par le Ministère de l’Agriculture, d’une Campagne agricole mettant au centre de l’action les organisations paysannes afin de permettre un approvisionnement conséquent des grandes villes comme Kinshasa, en produits vivriers locaux ou importés devenus de plus en plus difficile avec comme conséquences la hausse vertigineuse des prix sur le marché et l’accroissement de l’insécurité alimentaire ; Les mesures de respect des droits humains par les services de sécurité et l’instauration des sanctions contre les agents véreux ; La convocation urgente de la Tripartite (Etat – Syndicats – Employeurs) pour un dialogue social franc et la définition de mesure de sauvegarde des emplois dans le contexte du COVID-19 ; La suppression du couvre-feu et l’accentuation des mesures de distanciation sociale et la sensibilisation afin de relancer les activités économiques.

Au comité de riposte, l’ODEP recommande la transparence et la gestion non politicienne des statistiques en évitant l’embellissement et la manipulation à la hausse ou à la baisse des cas recensés, de nombre de décès ou des guéris ; Les détails des bulletins sanitaires journaliers qui précisent la zone de santé d’origine de chaque nouveau cas positif enregistré, de chaque décès et de chaque guéri ; La diffusion, dans les détails, de la stratégie de riposte et la facilitation d’accès à ses rapports ; Une attention particulière pour les femmes œuvrant dans le secteur informel en leur offrant gratuitement des dispositifs de protection notamment.

Le Parlement n’a pas été oublié. Il doit procéder au contrôle efficace si nécessaire du financement du PMUAIC-19. Pour leur part, les PTF doivent augmenter leur contribution pour lutter contre la pandémie à covid-19 en RDC ; Honorer les engagements pris vis-à-vis du gouvernement pour l’appui du PMUAIC-19 ; c’est-à-dire combler le GAP de 1 617,50 millions de dollars américains

Aux organisations de la Société Civile de contribuer à la sensibilisation de la population sur la mise en œuvre du PMUAIC-19 ; Contrôler en permanence la mise en œuvre du PMUAIC-19 en particulier son financement global ; Renforcer l’action pour le respect des mesures de prévention par la population en général et les tenanciers des bars et autres petits commerces, en particulier ; Militer pour le renforcement du leadership et la participation des femmes/ filles dans le processus de prise des décisions dans la lutte contre le COVID-19 tout en tenant compte de l’approche genre dans les activités ; Œuvrer pour le soutien et l’implication des Organisations de la société civile dans le mécanisme officiel de prévention et de sensibilisation ; Mutualiser les efforts et partager d’avantages les expériences ; Renforcer la lutte contre les inégalités sociales, les violations des droits humains et la mauvaise gouvernance

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