L’opposition politique contre soi-même (Ghislain Bamuangayi)

Les sorties médiatiques de Franck Diongo et Kabund posent le problème de la morale politique en RDC, où le système politique génère à présent l’opposition contre soi-même.

Il se dégage une absence criante de construction politique autour des valeurs et principes irréductibles à respecter par le politicien congolais, qui se voit obligé de naviguer au gré des vagues et contingences pour survivre et servir de marchepied pour la réalisation de la vision des autres.

La lucidité et le patriotisme qu’on pouvait bien reconnaitre en Franck Diongo ont disparu d’un trait pour découvrir brusquement un politicien situationniste, inconstant et incohérent. C’est un Kabund en qui il y a une carence d’un homme d’Etat capable d’assumer les conséquences de son identité et son passé politiques avec les charges assumées par lui.

Moïse Katumbi semble refuser d’assumer les effets néfastes et dévastateurs du camp auquel il a appartenu comme acteur majeur et actif durant une dizaine d’années. En participant à bloquer le marquage du troisième faux pénalty contre son camp ont un effet bizarre d’effacer du marquoir deux faux pénaltys marqués avec lui sur terrain pour son camp. Il répète son option à l’irresponsabilité politique par le refus de partager avec FATSHI son bilan tout en ayant plusieurs ministres au Gouvernement et des députés partageant la politique de l’Union Sacrée de la Nation.

Une culture du reniement de son passé s’est installée pour justifier la naissance d’une opposition taillée sur la mesure de la personne qui est Chef de l’Etat. On devient opposant personnel à FATSHI en étalant le mal qu’on aurait contribué à établir sans aucune preuve de repentance. Kabund est opposant contre sa propre personne en étalant des antivaleurs qu’il porte en lui-même. Une nouvelle expérience d’opposition à la congolaise qui nait et s’exerce contre soi-même.

C’est tout le système, celui de la naissance spontanée des riches, des jouisseurs et des incompétents, qu’il faille détruire en ayant des leaders politiques et sociaux vivant les valeurs prônées ou réclamées des autres. Dommage d’avoir une société de donneurs de leçons, pasteurs et politiciens, qui critiquent trop sans témoignages de vie personnelle pour convaincre.

C’est pourquoi la kombolisation s’impose comme la révolution de la conscience individuelle des congolais, appelés avant tout à un nettoyage personnel, puis au nettoyage autour de soi.

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