Mandat ou consensus ? (Dieudonné Nkishi)

Les acteurs politiques « de la belligérance » réclament un certain consensus pour l’organisation des élections de 2023.

Pendant ce temps, beaucoup feignent d’ignorer que le pays est sorti de la belligérance depuis les élections de 2006 où un mandat du peuple souverain avait été accordé à un Président de la République, mettant en congé la formule consensuelle de 1+ 4.

Bien avant ces élections de 2006, en toute logique, il était normal qu’on recherche un consensus sur toutes les questions essentielles. Ce qui a conduit la mise en place de la formule 1+4, les institutions d’appui à la démocratie, etc.

Depuis 2006, 2011 et même 2018, le pays organise des élections. Aux suffrages universels directs, le peuple souverain accorde des mandats présidentiel et législatifs à ses élus. Disposer d’un mandat du peuple souverain suppose exercer le pouvoir reçu sans se référer à toute autre source du pouvoir.

Et parmi le pouvoir ou le mandat que le Président de la République par exemple reçoit, on peut citer entre autres, le mandat d’organiser des élections dans le délai constitutionnel (90 jours avant la fin du mandat).

Si tel est le cas et tant que ceci est vrai, qu’est-ce qui justifierait que des acteurs politiques réclament un consensus à quelqu’un qui a reçu un mandat ? Est-il normal dans un régime démocratique parlementaire qu’on cherche à appliquer la démocratie consociative ? Le Président de demain, Tshisekedi, Fayulu, Kamerhe, Muzito, Ekoto …. sera-t-il obligé à négocier un consensus au lieu d’exercer le mandat reçu du Peuple souverain ?

Détenant les pouvoirs (mandat) reçus du peuple, le Président doit-il mettre son mandat de côté pour négocier le consensus qu’on lui réclame ? Pourquoi ce même consensus ne serait-il pas réclamé dans d’autres domaines et face aux autres décisions prises ?

Imaginez qu’on réclame un consensus pour augmenter les rémunérations du personnel de l’Etat !

Quand on a le pouvoir, on l’exerce. C’est exactement ce qu’a fait le Président Joseph Kabila en ramenant l’élection présidentielle de deux tours à un seul tour, sans que personne ne lui réclame un consensus. Vous me direz que c’est un mauvais exemple. Je vous dirai que quand on a le pouvoir, on l’exerce.

Alors, mandat ou consensus ?

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