Marcher pour les Fardc, c’est bien ! S’enrôler, c’est mieux…

Il ne se passe plus un jour, depuis que le M23 a réactivé ses relents belliqueux, sans que les artères de la RDC ne soient prises d’assaut par des forces sociales et politiques protestant contre la énième agression rwandaise sous son couvert.

Fanfare en tête, suivie des leaders et de la base, tous avec banderoles (ou bâches), effets vestimentaires, drapeaux et drapelets, battent le pavé sous l’accompagnement des médias.

A la fin de la marche, la tradition est respectée : lecture d’une déclaration stéréotypée, interview de l’initiateur ou de l’initiatrice et retrait dans un coin (réservé au comité) pour se désaltérer et échanger pendant que la piétaille, elle, est libérée moyennant un transport et une boisson, en attente du prochain rendez-vous.

Dans l’heure qui suit, articles et photos envahissent les réseaux sociaux, le temps pour les médias classiques (radio, télévision, tabloïd) de prendre le relais et pour chaque chargé de communication de veiller à ce que l’info figure dans la revue de presse.

Évidemment, le pays a besoin du soutien populaire. L’armée et la police méritent d’être encouragées, exaltées, surtout pour les éléments au front. C’est déjà bon de voir ce soutien s’exprimer en termes de cotisations financières et de collectes des produits alimentaires et pharmaceutiques.

C’est encore positif de voir la population civile voler au secours des familles des militaires et des policiers restées dans des casernes. C’est davantage positif de voir des organisations religieuses dire des messes et confier à l’Eternel le pays. La question de fond, toutefois, est de savoir si cela suffit à effrayer vraiment l’ennemi.  La réponse, bien entendu, est NON !

Toutes les puissances militaires du monde savent cependant que l’arme la plus redoutable sur la planète Terre n’est celle faite des mains d’homme. C’est plutôt un peuple déterminé à en finir avec l’oppression.

Si, aujourd’hui – comme relevé dans une chronique – la population de Goma décide d’entrer à Bahavu (ex-Gisenyi) et celle de Bukavu en faire autant à Cyangugu, le régime Paul Kagame tombera de lui-même, sans nécessairement que les Fardc ne tirent une balle, ni la Pnc ne sorte la matraque. De Washington à Moscou, de Bejing à Londres, de Paris à New Yok, on le sait.

Que Dieu garde les Congolais en colère d’en arriver là. Il est vrai – c’est là le bémol – que le problème se situe au niveau de l’unité, fondement de la communion.

L’ex-Kivu frontalier au Rwanda souffre des complicités confinant à la *traîtrise* . Trop de faiseurs d’opinion ont le péché congénital de manger à tous les râteliers : patriotes le jour, séparatistes la nuit.

Que de fois les Fardc n’ont-elles pas été amenées à ralentir, voire à freiner leur élan pendant que sur le terrain des opérations militaires, elles prennent le dessus sur les ennemis, l’ordre de stopper venant parfois d’ailleurs !

Au moment où l’appel est officiellement lancé pour le recrutement dans les Fardc et la Pnc, il est intéressant de rappeler un précédent vécu en 2018 au Nord-Kivu et en Ituri : le peu d’engouement constaté trois mois après. Pas grand monde ne s’est manifesté parmi les jeunes.

Curieusement, les parents préfèrent mobiliser leurs enfants plus pour les groupes armés à essence « ethno-communautaires » que pour les Fardc et la Pnc, si bien que l’armée et la police gouvernementale sont  plus combattues par des fils du pays que par les éléments ressortissants des pays voisins.

C’est, au moins, la preuve que le recrutement dans la partie Est du pays est possible.

Puisse le Processus de Nairobi – auquel adhèrent plusieurs groupes armés « ethno-communautaires » – enclencher une adhésion massive. Car, tous les voisins belliqueux en ont conscience : l’arme la plus redoutable qui soit au monde (une population en colère) est à leurs portes…

Elle bouillonne de colère !

Omer Nsongo die Lema

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