Moi, du groupe armé… !

Quelle fierté pourrais-je avoir en regardant cette compatriote abattue du fait de fuir continuellement la guerre ! Pourtant, plus que ma parente ou celle d’un ami, plus que ma belle-mère ou celle d’un camarade, plus que ma belle-sœur ou celle d’une voisine, elle est mon semblable…

Quelle fierté pourrais-je étaler devant mes parents, mes amis, mes connaissances quand ils me savent responsable direct ou indirect de l’abattement de cette compatriote et son enfant qu’en raison de mon choix je contrains à l’errance !

Quel argument vais-je développer pour justifier leur souffrance – que je sorte vainqueur ou vaincu de cette épreuve – que j’impose à cette mère et à son enfant dont le seul tort est d’être à l’Est du pays !

Quelle dignité tirer de je ne sais   quel haut fait d’armes quand la conscience va me mettre tôt ou tard devant ma responsabilité dans le drame que vit cette brave dame avec, à son dos, son poids d’amour, son bébé qui peut être le mien, ou qui sera le compagnon ou la compagne de mon enfant…

Et j’ai le culot de signer, pour une guerre par procuration, le communiqué de mon groupe armé, signer avec pour encre les larmes et le sang de Maman X, épouse éplorée du combattant Y, père de l’enfant Z !

Sache-le : Maman X se lèvera, l’enfant Z s’élèvera, le combattant Y s’éveillera quand son jour viendra ! Où que je me cache, moins que Internet de Gafa, celui du Très Haut me rattrapera…

Il essuiera leurs larmes pendant que mon kalachnikov me fera rappeler l’adage selon lequel  » Qui tue par l’épée périra par l’épée « . Mon épée, c’est la conscience qui me consumera. Car la conscience chargée est la pire des prisons qui puissent exister sur ce plancher des vaches…

Moi, du groupe armé, je quitte mon groupe. Fais-le, toi aussi. Faisons-le, nous aussi !

Omer Nsongo die Lema

Leave a Comment

Visit Us On FacebookVisit Us On LinkedinVisit Us On InstagramVisit Us On Youtube