MOI, POLICIER DE CIRCULATION ROUTIÈRE…

POEME DE MAGLOIRE PALUKU

Moi, policier de circulation routière à Kinshasa ;

Je vois des cercueils noirs rouler en rang

Ils ont des roues en ossements humains et en sang

Les gardes  sont musclés buvant du « Cachaça »

Ils klaxonnent, ils sifflent, ils bousculent tout le temps

Insulté quand j’interdis le sens contraire, au vent.

 

Moi, policier de  circulation routière à Goma ;

Je vois le volcan défiler sur la chaussée en trauma

Il a les morceaux de la vie dans la poussière des nuages

Les motards chantent l’impolitesse à chaque passage

Ils accusent, ils s’excusent,  ils ravissent la dignité

Je quémande du liquide et ma salutation est monnayée.

Moi, policier de circulation routière à Butembo ;

Les démons s’arrêtent dans les carrefours des labos

Ils tourbillonnent dans les airs parlant en langue

Les dernières paroles des ancêtres sèchent à la longue

Je suis accusé de complicité avec l’ennemi,

Je dirige les camions aux articles inconnus des pandémies !

Moi, policier de circulation routière à Beni

Je suis la dernière recrue de l’armée sans infanterie

J’arrête les rebelles amis de mes chefs camouflés

Ma gâchette est dans la force du général qui m’a placé

Je suis le battu des complices de l’ignominie

Je donne une rançon hebdomadaire à ma chefferie … !

Moi, policier de circulation routière à Eindhoven

Je suis le respecté dont l’armée a peur et se souvienne

La drogue est une partie de mes collègues

Tout le monde m’aime et tout le monde me drague

Quand je serai le policier de l’Afrique qui marche ;

Sur moi reposera la disciple sans revanche !

MAGLOIRE PALUKU

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