Négocier avec les groupes armés : ça recommence !

Ce n’est pas le Pr Alphonse Ntumba Luaba qui dira le contraire : la stratégie ou le stratagème de certains leaders des Grands-Lacs d’imposer au Pouvoir central congolais des négociations avec les groupes armés n’est pas une première.

 Mobutu passa par-là à l’avènement de l’Afdl en octobre 1996. Quand les villes de l’Est commencèrent à tomber l’une après l’autre, alors que le Haut Conseil de la République/Parlement de Transition (Hcr/Pt), vent debout, s’opposait à toute négociation avec les rebelles et interdisait le Gouvernement de tout contact avec ces derniers, Mobutu chargea discrètement son conseiller spécial en matière de sécurité, un certain Honoré Ngbanda, de les approcher !

Les vrais parrains de l’Afdl lui firent subir la pire des humiliations : Outenika.

Quand surgit la guerre du 2 août 1998 avec pour belligérants, d’un côté, son régime et, de l’autre, le Rcd suivi plus fin septembre-début octobre par le Mlc, Laurent-Désiré Kabila s’était vu imposer les négociations ayant abouti en 1999 à l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka préconisant, notamment, le dialogue inter congolais.

Bloqué par Mzee plus par patriotisme que par bravade, ce dialogue sera relancé par Joseph Kabila. D’où les rounds d’Addis-Abeba en octobre 2001 et de Sun City I en février 2002 et Sun City II en avril 2003. On aura le régime 1+4 entre le 30 juin 2003 et le 6 décembre 2006.

Lorsqu’en 2006 apparaît le Cndp et en 2012 le M.23, Joseph Kabila – qui avait sur ces entrefaites organisé à Goma en 2008 la conférence sur la paix, la sécurité et le développement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, se verra, lui aussi, imposer un dialogue avec le nouveau groupe armé. D’où, d’ailleurs, le processus ayant abouti à la création de la Cirgl (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

Et voilà que sous Félix Tshisekedi, on refait le coup de la concertation avec les rebelles congolais.

Constat amer : les initiateurs – qui peuvent être certains de bonne foi – n’ont pas réussi à réunir les responsables de ces groupes armés pendant que la rencontre était déjà programmée pour le vendredi 22 avril.

Conséquence : à son corps défendant, le Chef de l’Etat congolais est obligé de constituer rapidement une sorte de task force pour entamer les discussions préliminaires avec ces « responsables » une fois sur place, à Nairobi ou ailleurs.

Ne soyons pas surpris, dans le  » sport favori » de la surenchère propre à tous les mouvements insurrectionnels, de les entendre sous peu poser des conditions ! Finalement, on note le même operandi observé sous Mobutu, Mzee Kabila et Joseph Kabila : absences intermittentes d’interlocuteurs à des moments-clés.

Paradoxalement, les mêmes pays de la sous-région à obliger Kinshasa de négocier avec ses groupes armés (ils seraient plus d’une centaine dont les plus représentatifs sont malheureusement les plus criminels) ne s’appliquent pas la même discipline pour échanger avec leurs propres mouvements insurrectionnels. Cas de l’Ouganda avec Adf, Nalu et Lra et du Rwanda avec les ex-Far  et les milices Interhamwe devenus Fdlr.

Politique de deux poids deux mesures ? 

On peut bien (se) l’affirmer.

Mais, personne n’est dupe pour croire dans une prétendue toute-puissance de l’Ouganda et du  Rwanda. Tout le monde connaît le parrain : Occident. Et encore, sa composante anglo-saxonne.

Bien entendu, quand on en rencontre les officiels, ils ont à la bouche le respect de la souveraineté de la RDC pendant qu’en réalité, dans le cœur ou dans la tête, ils sont dans le schéma de la division, de la balkanisation!

Peut-être que l’heure a-t-elle sonné de jouer franc-jeu, partant du principe que chaque chose a son début et sa fin.

C’est alors le temps de la fin. Kinshasa, cette fois-ci, doit tenir bon !

 Omer Nsongo die Lema

 Extrait de LPDA n°137 du 26 avril 2022

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