Page d’histoire judo : Mukendi ‘’Double one’’ parmi les 4 judokas congolais et leur entraineur qui étaient bloqués en Ouganda

Nombreux sont les congolais et particulièrement les amoureux du judo qui ont eu connaissance de la situation désastreuse qu’avaient vécu quatre judokas congolais (de la ligue provinciale de judo de la Tshopo) et leur entraineur à Kampala, en Ouganda au mois de mars et mai dernier. Ces cinq ambassadeurs de la RDC étaient bloqués en Ouganda faute de titres de voyage retour. Ils ont été victimes de leur nationalisme et patriotisme comme nous avons eu à le prouver au moment des faits dans les lignes qui suivent.

Qu’est-ce qui s’était réellement passé ?

Nous avons su plus sur cette histoire de la bouche du judoka Aristote Mukendi, l’un de quatre judokas qui s’était confié à l’un de nos confrères à partir de Kampala. Comment étaient-ils arrivés à Kampala, capitale de l’Ouganda ? Il avait fait d’abord la genèse en expliquant que l’invitation lancée à la RDC de prendre part à ce championnat d’Afrique de l’Est était parvenue à Me Bobo Mbongo, président a.i de la Fédération Nationale Congolaise de Judo ‘’Fénacoju’’. Il fallait soit engager les athlètes de Goma, Bukavu ou Kisangani et même de Kinshasa si les moyens le permettaient. Pour raison de proximité, il avait jugé bon que c’est soient plus les athlètes de la partie Est qui puissent représenter le pays. C’est alors qu’il avait envoyé l’invitation à la ligue provinciale de judo de Tshopo (Kisangani). Il se fait malheureusement que cette dernière n’avait pas assez d’argent pour répondre à cette invitation. Ayant appris la nouvelle, les 4 judokas de Kisangani et leur coach ont estimé que l’invitation devait être honorée. Par leurs propres moyens, ils ont décidé d’aller représenter la RDC à ce championnat d’Afrique de l’Est. Avec des moyens limités, ils ont opté de prendre la route. Ils ont bravé des risques sécuritaires et conditions déplorables de voyage. C’était sans compter avec l’activisme des groupes armés qui bat son plein dans cette partie du continent. Ils sont tombés dans l’embuscade d’un des groupes armés. Les rebelles les ont fait descendre du bus et ont brûlé ce bus. Dieu a fait grâce, ils ont eu la vie sauve et par maintes difficultés, ils sont parvenus à déboucher à Kampala où ils ont participé au championnat d’Afrique de l’Est de judo qui s’est tenu du 16 au 27 mars 2022 dans la capitale de l’Ouganda. A la surprise générale, les judokas de la RDC ont glané 2 médailles dont une en or et une en argent. Ils ont pris la tête du classement de cette compétition.

Déboires et incertitude se mêlent

Après la compétition, les 4 judokas et leur entraineur qui devaient regagner le pays, ils étaient allés voir l’Ambassadeur de la RDC en Ouganda. Ce dernier remettra à ces infortunés qu’une modique somme de  200 $. Ce montant s’était révélé insuffisant pour les prendre tous en charge et surtout regagner le pays. Malgré l’ordre de mission bien établi par la Fédération Nationale Congolaise de Judo, nos quatre braves judokas et leur entraineur ont passé des moments sombres en Ouganda. Rentrer par route était devenu très compliqué pour eux eu égard à l’activisme des groupes armés. ‘’On devra emprunter comme chemin de retour Rwanda à Kigali pour descendre à Goma et de là arriver à Kisangani’’ s’était exprimé le judoka Aristote Mukendi.

La situation de la Fénacoju à la base de ces déboires, ces quatre braves judokas étaient victimes de leur nationalisme et patriotisme. Leur volonté à défendre les couleurs du drapeau (NDLR qu’ils ont du reste défendu avec brio) les a conduit de Kisangani jusqu’à Kampala. Ils ont failli perdre leur vie. Mais en retour, que tirent-ils comme dividende ? 200 $ pour 5 personnes comment pouvaient-ils regagner le pays ?

A dire vrai, la situation qu’avaient vécue les quatre infortunés judokas et leur entraineur prouve s’il en était encore besoin que le judo congolais était vraiment dans la tourmente. Le conflit interminable qui avait prévalu au niveau de la Fénacoju avait fait qu’aucune solution ne pouvait être trouvée par les deux camps opposés en son sein. Et cet état des choses n’augurait rien de bon pour l’avenir de la discipline en RDC. Et dans tout cela, le ministère des sports s’était révélé incapable de décanter la situation pendant plusieurs mois.

Antoine Bolia

Leave a Comment

Visit Us On FacebookVisit Us On LinkedinVisit Us On InstagramVisit Us On Youtube