Page d’histoire: les origines familiales du Maréchal Mobutu

  1. Nous sommes dans un petit village à l’extrême Nord du Congo, Gbado-Lite. Ce nom vient de gbado, espèce de gros arbre qui produit beaucoup de chenilles, et de Lite, nom d’un grand chef coutumier. Ce village est habité par une population dont les ancêtres sont venus, il y a très longtemps, du Darfour au Soudan: les Ngbandi.

Leurs migrations s’étant effectuées par vagues successives, les derniers arrivés poussant leurs prédécesseurs à aller plus loin, les Ngbandi se retrouvent disséminés dans plusieurs territoires de trois provinces du Nord de la RDC. Province du Nord-Ubangi, dans les territoires de Yakoma, Mobayi, Businga et ville de Gbado-Lite. Province du Sud-Ubangi, dans les territoires de Budjala et Libenge. Province du Bas-Uele, dans les territoires de Bondo et d’Aketi.

  1. Un jeune ngbandi, habitant de Gbado-Lite, a une fiancée qui est tombée enceinte. Il se met à la recherche d’un emploi qui pourrait lui permettre d’assumer ses responsabilités de chef de famille. Il s’appelle Aldéric Gbemani. Il décide alors d’aller à Lisala, chef-lieu de province, où il y a plus d’opportunités d’emplois. Il laisse sa fiancée à Gbado-Lite.

A Lisala, il est hébergé par Papa Lando, un notable Ngbandi de la ville. Peu de temps après, Gbemani trouve un travail de cuisinier chez le substitut du procureur général de la République de Lisala. Avec son salaire, il envoie régulièrement de l’argent à sa fiancée restée au village. Cet argent transite chez une cousine de Gbemani dénommée Ngawali.

Après quelques mois, Gbemani apprend que sa fiancée a accouché d’un garçon affecté d’une malformation congénitale: il est nain. Cet enfant sera appelé Zemanga. Cette relation n’aura plus de suite.

  1. A 12 km de Gbado-Lite, dans le village de Kawele, règne un autre chef ngbandi qui s’appelle Kanga-Yani. Ce chef sera à l’origine d’un scandale lorsque les notables apprennent qu’il a fait deux enfants à sa propre nièce. Pour mettre un terme à ce scandale, les notables décident d’éloigner cette jeune fille, qui s’appelle Marie-Madeleine Yemo, et ses deux enfants (Movoto et Mungbele Francisca) de Kawele en les envoyant à Lisala.

Le destin fera en sorte que cette belle et jeune mère soit logée à Lisala chez Papa Lando, qui héberge déjà le jeune Gbemani. Les deux jeunes gens vont finir par tomber amoureux l’un de l’autre et vont se marier.  Le 14 octobre 1930, le couple Gbemani-Yemo va donner naissance à un premier garçon qu’ils vont appeler Joseph-Désiré Mobutu.

  1. Après Joseph-Désiré Mobutu, le couple aura trois autres enfants: Kwadepa, Sébastien Dongo Yemo et Gbemani. Donc, Joseph-Désiré Mobutu, en plus de ses trois frères (même père et même mère comme on dit en Afrique), a du côté paternel, comme frère Zemanga et, du côté maternel, Movoto et Mungbele Francisca.

Nous pensons, qu’à ce stade, il sera intéressant de connaître quelques autres connections familiales de Mobutu. La cousine de Gbemani, Ngawali, va avoir un enfant qu’elle va appeler Étienne Nzimbi; qui deviendra le célèbre général, commandant de la Division Spéciale Présidentielle (DSP), la garde prétorienne du Maréchal Mobutu. Le général Nzimbi était donc le cousin du Maréchal Mobutu du côté de son père.

De son côté, Mama Yemo avait une cousine du nom de Mogbele Banza Jeanne. Celle-ci aura aussi un fils nommé Jean Litho, qui deviendra plus tard Litho Moboti, le riche homme d’affaires de la deuxième République. Litho était donc le cousin du Maréchal du côté de sa mère.

  1. Comment ce jeune orphelin (il va perdre son père Gbemani très tôt), ce jeune catholique pratiquant (pendant une période à Mbandaka, il allait à la messe tous les matins, accompagné par un petit mulâtre de son école, Léon Lobitsh qui deviendra Léon Kengo wa Dondo), cet élève courtois et très sociable (qui sera pourtant chassé de l’école); comment ce jeune homme, qui n’a pas pu terminer ses études primaires, va-t-il devenir successivement collaborateur du grand Patrice Emery Lumumba, commandant en chef de l’armée nationale congolaise et président de la République pendant 32 ans ?

A suivre !

Par Thomas Luhaka Losendjola

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