Patrick Muyaya précise : « Tous les ministres bénéficient de l’accompagnement du Premier ministre »

« Chaque fois qu’un ministre intervient en conseil des ministres, il est toujours complété par le Premier ministre qui suit étroitement le travail de chaque membre du Gouvernement. Il n’y a aucun membre du gouvernement qui peut prétendre ne pas bénéficier d’accompagnement du Premier ministre », a tranché Patrick Muyaya, devant des journalistes qui pensent que certains ministres ne bénéficient pas de l’accompagnement du Premier ministre Sama Lukonde. Dans un contexte où vous avez la tension dans l’Est, il y a des arbitrages qui se font à un haut niveau et il y a une grille de lecture qui n’est pas la nôtre, explique le ministre de la Communication et médias.

Pourquoi le chef de l’Etat doit-il insister sur ses recommandations dans les réunions du conseil des ministres ? Y-a-t-il des ministres qui ne bénéficient pas d’accompagnement du Premier ministre ? Telles sont notamment des questions qui ont été posées au ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, lors d’un briefing hebdomadaire revenant sur les grandes décisions prises au terme de la 73ème réunion du conseil des ministres.

Patrick Muyaya reconnait qu’on est dans un contexte où l’on n’a pas tous les moyens pour tout faire. « Je peux avoir une frustration, mais cela ne veut pas dire que le Premier ministre ou le président de la République n’assure pas l’encadrement nécessaire. Il faut savoir que nous sommes là pour répondre aux préoccupations du peuple et il faut avoir les ressources pour ce faire », dit-il. Et dans un contexte où vous avez la tension à l’Est, il y a des arbitrages qui se font à haut niveau et il y a une grille de lecture qui n’est pas la nôtre. « Vous ne pouvez pas empêcher le président de la République de faire le suivi, ou lorsqu’il le fait penser qu’il se plaint. Le président de la République est le garant du bon fonctionnement des institutions et il y veille », rassure-t-il.

De la communication du chef de l’Etat

Soulignons que lors de son briefing, Patrick Muyaya est de prime abord revenu sur la communication du Président de la République qui a porté sur 4 points. Le Chef de l’État s’est notamment appesanti sur la mise en œuvre de l’accord bilatéral entre la RDC avec les Emirats arabes unis saluant des avancées significatives. « Ces accords portent notamment sur la construction du port en eau profonde de Banana, la création d’une chaîne de valeur d’or et de coltan de production artisanale et industrielle ainsi que la construction d’un parc solaire photovoltaïque d’une capacité de 2 gibabytes », a dit le Ministre de la Communication et Médias.

Patrick Muyaya a également informé que le Président de la République a apprécié les performances dans la mobilisation des recettes publiques félicitant tous les secteurs impliqués notamment l’IGF et la DGI. Le Chef de l’État a également évoqué l’urgence de la mise en œuvre de la cyber sécurité dans notre pays ainsi que des conflits fonciers et troubles dans la province du Kongo Central nés de l’application des décisions judiciaires et administratives qui se sont soldées par le déguerpissement des populations locales de leurs villages ainsi que par des actes de violence déplorables tels que la destruction méchante des habitations, et, plus grave encore, la profanation des cimetières dans le territoire de Mbanza Ngungu.

Évoquant la communication du Premier Ministre, Patrick Muyaya a informé que le Chef du gouvernement a rendu hommage au Président de la République, pour la mise en place effectuée au sein de l’État-Major Général de nos Forces Armées. « Cette décision répond au besoin de réorganisation de notre système de défense et de sécurité pour mieux faire face aux défis sécuritaires auxquels notre pays est confronté », a dit Patrick Muyaya.

Au titre de points d’information complémentaire, le ministre de l’Industrie a informé le Conseil d’avoir été dépêché par le Premier Ministre à Vanga dans le Kwilu, accompagné du Directeur général adjoint du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), afin de s’enquérir de l’évolution du Projet Chrisnovic. Sur place, il a pu constater que ce promoteur qui a obtenu le financement du Gouvernement a déjà franchi des étapes importantes pour installer l’usine moderne d’extraction et de production d’huile de palme brute, d’huile palmiste, d’huile raffinée et du savon ainsi que du biodiesel.

Patrick Muyaya a évoqué également le deuxième chapitre consacré aux points d’informations notamment la défense, la sécurité, le développement rural, la santé.

Ensuite, il y a eu dans le chapitre subséquent, deux lois adoptées. D’abord, le projet de loi portant Code du Numérique. Ici, le ministre du Numérique a fait l’économie du Projet de Loi portant Code du Numérique en République Démocratique du Congo. Il a indiqué que ce projet du Code Numérique a aussi bénéficié des commentaires et recommandations de certaines organisations internationales évoluant dans ce secteur.

La salubrité médiatique en œuvre

Ensuite, le Projet de Loi modifiant et complétant la Loi N° 96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de Presse. Ici, le Ministre de la Communication et Médias, Porte-Parole du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, a présenté, à l’attention du Conseil, l’avant-projet de Loi modifiant et complétant la Loi N° 96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse.

Faisant l’économie de ce texte, il a tenu à préciser que l’élaboration de cette dernière vient marquer le premier pas de la marche vers la salubrité médiatique recommandée par le Président de la République au cours des États Généraux de la Communication et Médias.

« Cette Loi vise aussi à conformer le secteur des médias à l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication et à encadrer entre autres l’exercice de la presse en ligne », a dit Patrick Muyaya.

Dans les innovations attendues après l’adoption de cette loi, figurent notamment la garantie de l’exercice d’une presse réellement libre, partenaire au développement; la jouissance effective du droit constitutionnel à l’information pour tout Congolais, comme l’ont soutenu les professionnels des médias, des acteurs sociopolitiques et ceux de la société civile dans le Rapport général des États Généraux de la Communication et Médias de janvier 2022 sur les réformes légales et institutionnelles du secteur de la Communication et Médias; la promotion de la viabilité économique des organes de presse pour garantir d’une part les intérêts des entrepreneurs, et d’autre part les exigences fondées sur le développement des vecteurs économiques stables en faveur des employés.

Muyaya promet de sévir

La viabilité des médias a été abondamment abordée par les journalistes, étant donné que le Gouvernement prévoit d’accorder des subventions aux médias qui répondront aux conditions fixées par la loi. « Mais le Gouvernement ne peut accorder cette subvention à ceux qu’il ne connait pas. Ceux-ci doivent remplir toutes les conditions et c’est dans ce sens que nous avons clôturé le processus d’assainissement des médias », dit-il, avant d’avouer que lorsque vous avez 260 chaines de télévisions, comment allez-vous partager par exemple la manne publicitaire?

C’est ainsi qu’il dira que nous devons nous regarder dans les yeux  et nous dire : est-ce que cet environnement nous permet de vivre de manière viable? Au-delà de l’étroitesse du marché publicitaire, souligne le ministre de la Communication et médias, les médias souffrent aussi d’un contexte de pauvreté. C’est ici qu’il a cité les chaînes confessionnelles et celles liées à des hommes politiques qui évoluent de fois en marge de la loi.

Au regard de ce contexte, Muyaya a promis de sévir. Il prévient qu’il ne faut pas que les gens pensent que ‘’nous brimons la liberté de la presse’’. Pour lui, ceci n’est qu’un point de départ, surtout que nous devons nous assurer que nos médias sont viables et organisés.

Jean-Marie Nkambua

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