Polémiques sur les propos de Jules Alingeti devant un forum d’investisseurs aux États-Unis: Le Congo est ‘un’, la guerre de l’Est frappe toute la Rdc

« Nous n’avons pas la guerre au Congo. Nous voyons la guerre à la télévision. (…)C’est une situation à plus de 2000 Km des institutions ». Ces propos de Jules Alingeti devant un forum d’investisseurs à Houston aux États-Unis sont actuellement au centre d’une vive polémique dans les réseaux-sociaux. Toutefois, il sied de retenir que le Congo est ‘un’ et la guerre de l’Est frappe toute la Rdc et tous  les Congolais à travers le monde. Même si Kinshasa ne vit pas directement cette guerre, ce sont des millions de dollars de son budget qui sont affectés à cette guerre par procuration.

A un certain niveau d’autorité et face à un auditoire de  cet acabit, le choix des mots est d’une importance capitale. Une phrase malheureuse ou peu diplomatique peut porter atteinte à l’image et la crédibilité des institutions du pays.  Aussi, le message  que l’on donne à la population, particulièrement celle dans les zones en conflit armée et en guerre imposée par des voisins qui présentent leur pays comme ‘pays sûr’, risque de faire que celle-ci  soit considérée comme une légion étrangère que les institutions à Kinshasa ne se sentent pas concernées par cette guerre de l’Est.  Ce n’est qu’une impression car, en réalité, comme le dit un adage congolais « soki mosapi moko ezoki, loboko nyoso ezwaka makila » (Entendez, pour un doigt blessé, toute la main s’entache du sang).

Actuellement, 30% des forces combattantes du pays sont concentrées dans cette partie du pays et la MONUSCO, la force de maintien de la paix des Nations-Unies, est au Congo depuis plusieurs décennies. Tout investisseur sérieux est au courant de cette situation et les investisseurs américains savent que leur pays, est la première nation à subventionner l’ONU et que depuis plus de 25 ans la mission de la paix des Nations-Unies est à l’Est de RDC qui est en guerre.

Cette situation, à plus de 2000 Km des institutions, touche non seulement les institutions, mais toute la population congolaise. Beaucoup ont encore en mémoire la ‘chute de Goma’ en novembre 2012, comment cette nouvelle a plongé toute la République dans l’émoi. Et, combien le pays a été dans une joie immense après la belle correction infligée aux agresseurs par le Général Budja Mabe. De Kanyabayonga au Kivu à Nzadi-Kongo dans le Kongo Central et, d’Aru en Ituri à Sandoa dans le Katanga, comment les Congolais s’étaient réjouis en apprenant que  le Général Budja Mabe ait repoussé l’ennemi et était au point de les attaquer jusque « d’où la guerre était venue » ! Les investisseurs sérieux ne peuvent se laisser séduire par des baratins vieux jeux qui enjolivent la réalité. Ils se renseignent au préalable.

L’impact de la communication dans le marketing politique et diplomatique

En cette ère du numérique, le monde n’est plus qu’un grand village planétaire et  la communication matière première stratégique. La presse  doit donc jouer pleinement son rôle de 4ème pouvoir. Le recours aux services d’un professionnel de la communication pour un marketing politique et diplomatique dans les règles de l’art est donc vital pour le politique.

Le sujet l’insécurité dans l’Est est, certes, très sensible mais il est connu de tous. Etant donné que l’objectif de l’ennemi est de continuer à ternir l’image de la Rdc pour se présenter en rempart sûr pour la prédation des richesses du Congo, des phrases malheureuses risquent de faire le lit de l’ennemi dans son objectif  d’isoler le pays et éloigner les investisseurs sérieux et  faire croire aux populations des zones meurtries par la guerre que le gouvernement ne s’occupe pas d’elles. Depuis plus de 30 ans, la République démocratique du Congo s’enlise de plus à plus dans le cycle infernal d’atrocités consécutives aux guerres à répétitions qui ne cessent de déstabiliser les équilibres communautaires dans les hauts et moyens plateaux et de  détruire le tissu économique. Alors que les efforts sont fournis par les institutions du pays pour attirer des investisseurs, dans ces guerres de déstabilisation, l’ennemi a ouvert aussi un volet  économico-médiatique, pour présenter la Rdc comme un pays ‘pas sûr’ et les attirer vers les pays voisins qu’ils présentent, à grands coups de communication, comme  ‘sûrs et responsables’.

Les sorties médiatiques de nos responsables politiques doivent être laborieusement préparées par des professionnels de communication dignement rémunérés sans recourir à l’usurpation de fonction des journalistes et communicateurs par des courtisans ‘Djaleloïstes’ (ceux qui pratiquent le culte de la personnalité) ou s’improviser soi-même communicateur. La communication est une matière première stratégique !

Willy Makumi Motosia

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