Pour Patrick Muyaya et Christophe Lutundula : La visite du Roi Philippe fait partie de la restauration de la confiance entre la Belgique et la Rdc

La visite du Roi des Belges en Rdc participe de cette symbolique d’une dynamique nouvelle, d’autant plus que le Roi fait partie des institutions de la Belgique. Il a un pouvoir d’arbitrage important et c’est tout à fait indiqué qu’il puisse voir ce que son pays fait en Rdc.  Le programme publié à cet effet prévoit qu’il puisse visiter le Musée, au moment où son pays a accepté de restituer les œuvres d’art à la Rdc. Aussi, la décoration d’un ancien combattant, c’est le signe que la Belgique n’ignore pas que la Rdc a rendu service à la Belgique pendant la guerre mondiale. C’est dans le même esprit qu’il a été conclu, pour la période de 2023-2027 un accord de 250 millions d’Euros pour plusieurs secteurs (santé, agriculture, développement rural, infrastructures, autonomisation de la femme, énergie, etc. Sans oublier, une autre signature, au niveau des provinces, de 2,5 millions d’Euros pour 5 ans.

« Visite du Roi des belges en Rdc : enjeux et perspectives des relations belgo-congolaises », c’est le thème du spécial briefing presse, un rendez-vous de redevabilité à l’initiative de M. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias. Pour ce lundi tard dans la soirée, c’est le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères qui a été invité, afin de jeter un coup d’œil sur la coopération entre la Rdc et la Belgique.

Premier à prendre la parole, le VPM Christophe Lutundula a expliqué que la visite du Roi Philippe et son épouse, est un événement de haute portée diplomatique et politique. En effet, depuis 2015, la Rdc ne vivait pas en harmonie avec certains de ses partenaires dont la Belgique. « Tout a été gelé et les contacts réduits au minimum », précise-t-il. A son arrivée, poursuit-il, le président Félix Tshisekedi a voulu rompre à l’isolement diplomatique, en commençant par la Belgique.

En 2019 rappelle-t-il, il a assisté à la signature d’un mémorandum d’entente avec une volonté politique de reprendre la coopération, soit un partenariat profitable aux deux peuples, mais aussi une coopération en matière de défense. « Tous les projets étaient gelés. La volonté politique était exprimée et nous avons amorcé des approches », dit-il, avant d’informer que l’année passée, il a rencontré en Belgique sa collègue Belge dans le sens de l’amélioration de cette coopération.

A ce jour, insiste Christophe Lutundula, on a élargi le champ de contacts et nous sommes dans la phase de la matérialisation de la coopération. Il n’a pas manqué d’expliquer qu’au niveau de la Belgique, nous avons le niveau fédéral et le niveau des entités fédérées. « La Belgique, est un partenaire important, sans oublier que c’est la capitale de l’Union européenne », précise-t-il, tout en mentionnant que la dernière fois qu’un Roi des belges est arrivé en Rdc, c’est en 2010, à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la Rdc.

Pas seulement une question dent, mais de deuil

Dans son échange avec la presse, Christophe Lutundula est revenu sur la question de la relique, qui est du reste traitée au niveau du Gouvernement belge et la famille Lumumba. « Maintenant que le problème de la relique est réglé, voudrait-on parler de l’histoire dramatique que nous avons vécue ? Nous devons écrire une nouvelle histoire pour le bonheur partagé », dit-il, tout en soulignant qu’il faut apprécier déjà qu’au niveau du parlement belge, une commission a été instituée et qui a reconnu à l’histoire sa vérité.

Au niveau de l’imaginaire populaire, indique-t-il, ce n’est pas qu’une question de dent, mais de deuil. C’est un geste fort qui prouve qu’il a été un crime. La réparation n’est pas que matérielle…Pour lui, ceux qui ont en charge le leadership de la Belgique et de la Rdc assurent l’histoire et écrivent une autre histoire dans le respect de la souveraineté.

Pour Patrick Muyaya, nous n’oublions pas le passé, mais nous regardons l’avenir. « L’avenir est plus important que le passé, mais il faut regarder d’où nous venons », pense-t-il.

« Dans un partenariat gagnant-gagnant, chaque partie doit définir ce qu’elle veut »

Un journaliste a demandé au VPM Christophe Lutundula le sens du partenariat gagnant-gagnant, surtout qu’on a tendance à croire que c’est la Rdc qui donne plus ? Dans son calme légendaire, le VPM aux Affaires étrangères a expliqué que lorsque vous concluez les accords, chaque partie doit définir ce qu’elle veut gagner. Chacune des parties doit prendre des dispositions pour atteindre les objectifs assignés. Aussi, se rassurer que le cadre a été optimisé pour atteindre les résultats.

« Nous avons des citoyens qui ont donné de leur vie pour sauver le pays. Mais il faut les former. Notre armée a été neutralisée, il faut l’équiper », note-t-il, tout en précisant que le partenariat gagnant-gagnant c’est l’addition des efforts.

Revenant sur le partenariat gagnant-gagnant, Lutundula pense qu’un Etat qui n’a pas un système de défense fort, c’est comme un corps qui n’a plus d’immunités. A ce jour, précise-t-il, la question de l’exploitation optimale des talents de l’armée nous pousse vers la coopération.

Pour sa part, Patrick Muyaya martèle en disant que le travail de mémoire n’est pas un travail d’oubli. L’histoire que nous avons est faite de haut et de bas.

Le monde diplomatique a son code

Au cours de ce rendez-vous, la presse s’est inquiétée de constater que le Rwanda n’était pas suffisamment condamné dans son soutien au M23. Et Christophe Lutundula de souligner que le monde diplomatique a son code, son modus vivendi, qui exige qu’il faille qu’on aille en profondeur. A Malabo, dit-il, la situation de la Rdc n’était pas inscrite à l’ordre du jour. Et grâce à l’insistance de la Rdc, le point a été inscrit à l’ordre du jour et une décision a été prise. Ainsi, le président Lourenço de l’Angola a été désigné et il y a beaucoup de non-dits. On a aussi demandé au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki d’être attentif et de suivre la situation.

Il faut de la patience, conseille C. Lutundula, qui ne croit pas qu’il est responsable de croire que la solution pour résorber la crise congolaise viendra nécessairement de l’extérieur ! Il faut créer un rapport des forces, pense-t-il. Une fois de plus, pourquoi dans une situation en Rdc, on cite le Rwanda ? C’est-à-dire que c’est un pays autre que la Rdc, mais qui est impliqué dans la crise. « C’est difficile de faire comprendre cela à un lion blessé », reconnait le VMP aux Affaires étrangères, qui pense qu’il faut aussi tenir compte des exigences internationales. Même si on n’a pas condamné le Rwanda, celui-ci a été cité.

A ceux qui pensent que la Belgique, à l’instar d’autres pays peut intervenir militairement en Rdc au côté de la Rdc, Lutundula tranche que ces questions là ne se traitent pas à ce niveau-là, mais au niveau du parlement. « Le Roi règne, mais ne gouverne pas », note-t-il, avant d’insister que nous devions nous défendre nous-mêmes. On ne peut pas assurer la défense de son pays par les armées étrangères », dit-il.

Dans tous les cas, pense-t-il, les instruments juridiques qui nous gèrent n’autorisent pas à la Belgique de déployer ses troupes en Rdc. Mais les domaines de coopération sont dorénavant connus, il s’agit du renforcement de la paix et de la sécurité, mais aussi les accords d’assistance militaire.

La visite du Roi fait partie de la restauration de la confiance entre les deux pays

Combien d’investisseurs sont dans la délégation royale ? A cette question, Christophe Lutundula répond que si c’était une visite gouvernementale, je m’intéresserai. « Les investisseurs viennent dans un cadre précis. Le Gouvernement fait tout pour créer un climat des affaires pour attirer les investisseurs (administration, juridique, sécuritaire, …) », indique-t-il, avant de préciser qu’il n’y a pas de gens plus fruleux que les opérateurs économiques et sa visite fait partie de la restauration de la confiance entre les deux pays.

La Rdc va-t-elle déclarer l’ambassadeur rwandais en Rdc persona non grata ? A cette question, le VPM Christophe Lutundula pense que nous avons besoin de la coopération internationale. « Le monde est un grand village et ceci révèle qu’on ne peut pas évoluer seul. Quel que soit le pays en partenariat avec nous, on n’attend pas grand-chose, mais que nos potentialités soient utilisées avec les leurs pour le développement de notre pays », termine-t-il.

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