Quand Kinshasa gonfle de monde, l’habitat dégonfle : Le site Pakadjuma ‘’transposé’’ à la gare de train de Matete

Depuis quelque temps, des huttes façonnées en tôles voire en triplex sont perceptibles sur le site de la gare de train de Matete. Leur nombre accroît au fil des jours, ce qui soulève une interrogation sur l’identité des occupants dont la plupart sont accompagnés de leur famille. A l’instar des habitants de Pakadjuma, ceux qui peuplent le site de la gare de Matete sont des occupants précaires, comme le terme l’indique. Profitant du laisser-faire des décideurs, ils ont érigé des habitations dans la concession de la Société congolaise des transports et des ports (SCTP), ex Office national des Transports (ONATRA).  Le site Pakadjuma, en effet, est situé dans la commune de Limete, à quelques encablures de l’aérodrome de N’Dolo. Depuis quelque deux décennies, pas un recensement n’a démontré les statistiques encore moins le statut collectif des occupants. Par présomption, les observateurs collent un statut collectif de marginaux aux habitants du lieu, en clair, prostituées et brigands peuplent le site Pakadjuma.

On ne le dira jamais assez, ce quartier est un repère d’occupants (es) précaires, dans la concession de l’ex ONATRA devenu SCTP. Des huttes qui y foisonnent, renforcent la promiscuité et préoccupent des ONG des droits de la femme. Le quartier Pakadjuma pose  concomitamment un problème insécurité et celui de moralité. Depuis la décennie 90, en effet, ce quartier est pour maints observateurs, le  reflet fidèle d’une ville de Kinshasa confrontée à la paupérisation des masses, au mal logement et à la régression constante du pouvoir d’achat.

Dans le prolongement du site Pakadjuma jusque vers la 12èrueLimete toujours dans la concession SCTP, il s’observe que des gens (qui restent à identifier) veulent bien abriter chacun leur modeste famille. Selon une  version non encore confirmée par des milieux autorisés, en effet, d’anciens employés de l’ex ONATRA régulièrement mis à la retraite, seraient dans l’attente de leurs indemnités de sortie. D’autres encore valides, auraient accumulé des arriérés de salaires. Confrontés aux difficultés de logement, ils auraient reçu de l’employeur l’aval d’occuper précairement les lieux.

 Quand les déplacements intérieurs et l’urbanisation des populations éprouvent le secteur de l’habitat

L’après-diamant, les conflits armés récurrents et la recherche d’un mieux-être sont à la base des déplacements intérieurs qui éprouvent la responsabilité de l’Etat. Et cela, dans un contexte d’Etat de droit. Il s’agit d’activer des mécanismes de gestion des populations, d’intégration des masses, de création d’emploi, de prévention sécuritaire.  Toutes ces priorités se résument dans la planification de la vie nationale                                                                                                                                                            Pour l’heure, les déplacements massifs ont eu pour effet immédiat : la précarité de l’habitat, le débordement des marchés, le déferlement du secteur informel et celui des activités de survie. Cela fragilise la famille en tant que cellule de base de la nation, renforce la prépondérance des propriétaires de parcelles, des agents des services publics et des hommes d’églises dont notamment ceux qui offrent un cadre d’accueil.                                                                                                                                         L’après-diamant est davantage nostalgique dans la mesure où, les générations montantes ne trouveront pas d’infrastructures léguées par l’ère du diamant. A la place, des érosions dans leur énormité, emportant des maisons, détruisant des étendues cultivables.                                                                                      Dans les zones d’accueil, les leaders d’opinion ont mission de réconforter les déplacés, les armer moralement, en vue d’une intégration moins hasardeuse.  C’est le cas des « wewa » (en tshiluba : toi), un modèle d’intégration réussie ; selon des témoignages convergents. Ces moto-transporteurs (un engin auquel bien des creuseurs étaient habitués depuis les zones minières),  ont prouvé à la communauté nationale que quand l’Etat cherche partenaires pour accompagner ses efforts dans un secteur  capital à l’instar de celui du transport en commun, des fils du pays pouvaient user de créativité et d’engagement. Des jeunes venus massivement des zones minières sont dans le transport de proximité. Aujourd’hui quatre ans plus tard, le secteur du transport de proximité s’est avéré alléchant pour des détenteurs de capitaux. Ceci entrainant cela, l’activité a cessé d’être l’apanage de jeunes « baluba ».

 Payne

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