Rapport mondial actualisé sur le SIDA 2022 : Environ 1 500 000 nouvelles infections dans le monde, dont 250 000 touchent les adolescents et les jeunes femmes en 2021

Le bureau régional de l’ONUSIDA pour l’Afrique de l’Ouest et du centre a organisé le jeudi 28 juillet, une conférence de presse virtuelle dont le but était de partager avec les journalistes, les résultats du rapport mondial actualisé du sida  2022.

«En Danger», c’est le titre du rapport mondial actualisé sur le sida 2022. Ce titre explique par lui seul, la tournure inquiétante que prend la lutte contre le sida dans le monde. L’ONUSIDA veut donc tirer sur la sonnette d’alarme et interpeller la communauté internationale sur les dangers que le monde court et les actions à mener pour relever les défis. Pour lancer le plaidoyer, une conférence de presse régionale a réuni le bureau régional de l’ONUSIDA et les journalistes des pays de l’Afrique de l’Ouest, du centre et de Madagascar. Dans son exposé introductif, Mme Berthilde  Gahongayiré, Directrice régionale de l’ONUSIDA a remercié les journalistes pour leur présence avant de commenter quelques principaux résultats du rapport actualisé du sida 2022.

Ainsi, l’on a enregistré en 2021 environ 1 500 000 nouvelles infections dans le monde, dont 250 000 concernent les adolescents et les jeunes femmes de 15 à 25 ans. En Afrique de l’Ouest et du centre, l’on note une hausse du taux d’infections notamment au Congo et en Guinée Equatoriale. Le taux de nouvelles infections dans le monde n’a reculé que de 3,6%, correspondant à la plus  faible baisse depuis 2016. En ce qui concerne la mortalité, l’on a enregistré en 2021 un décès par minute dans le monde du fait du sida, soit 650 000 décès parmi lesquels 150 000 sont attribués à l’Afrique de l’ouest et du centre. Toujours selon Mme Berthilde Gahongayiré, les adolescents et les femmes ont été trois fois plus atteints que les hommes de mêmes âges. Abordant les causes de ces inégalités, la Directrice régionale de l’ONUSIDA a déploré les perturbations des services essentiels de prévention, de traitements mais aussi la déscolarisation de millions de jeunes filles à cause de la COVID-19 et des violences basées sur le genre (VBG). Le rapport actualisé de l’ONUSIDA relève également la situation préoccupante des populations clés et leurs partenaires sexuels qui représentent 74% des nouvelles infections. «L’augmentation du nombre de personnes vivant avec le VIH sous traitement a été la plus faible  de ces dix(10) dernières années et dix(10) millions de personnes n’ont pas encore accès à un traitement ARV » a regretté Mme la Directrice régionale de l’ONUSIDA avant d’ajouter : «En 2021, l’humanité n’a fait aucun progrès pour ce qui concerne le VIH pédiatrique et  52% des enfants  vivant avec le VIH sont hors d’accès à des traitements qui sauvent la vie.»

Concernant le financement de la lutte contre le sida, Mme Berthilde Gahongayiré a salué les efforts fournis par les pays dont les états ont augmenté leurs contributions financières au profit de la lutte contre le sida. Elle a rendu hommage au fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et le Plan d’urgence du gouvernement américain contre le sida (PEPFAR). Cependant a précisé Mme la Directrice régionale « les financements internationaux sont aujourd’hui  inférieurs  de 6% de moins qu’en 2010, et  8 000 000 de dollars manquent aujourd’hui à la riposte au VIH dans  les pays à revenus faibles et intermédiaires». En concluant son intervention, Mme Berthilde Gahongayiré a demandé plus de solidarité pour vaincre le sida en 2030 car conclura-t-elle « Mettre fin aux inégalités est la voie pour lettre fin au sida et mettre fin au sida couterait beaucoup moins cher que vivre avec le sida ».

Faisant suite à cet exposé de la Directrice Régionale, M. Mach-Houd Kouton, conseiller Programme Régional de l’ONUSIDA, a relevé les spécificités régionales  contenues dans le rapport. M. Bamba Youssouf, Président du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a profité de cette tribune pour encourager les journalistes à s’impliquer davantage dans la dissémination de ce rapport par des productions médiatiques de qualité. Les échanges avec les journalistes ont permis de relever certains points contenus dans le rapport, notamment l’importance des VBG dans la transmission du VIH  et les cas de violations de droits humains.

Prince Yassa

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