Sankuru : « Pour le chef de l’État, aucun deuil ne pouvait être organisé sans que la famille organisé son deuil en premier » (Christophe Mboso)

Dans un discours émouvant prononcé depuis Lumumbaville, village natal du héros national, Patrice Emery Lumumba, Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, président de l’Assemblée nationale et représentant personnel du chef de l’État, aux obsèques du 1er Premier ministre Lumumba, a expliqué la symbolique de l’étape du Sankuru avant les reliques de Lumumba n’entament ce périple à travers le territoire national.

« Pour le chef de l’État, aucun deuil ne pouvait être organisé sans que la famille organisé son deuil en premier, qu’elle bénisse le corps et autorise le périple de Patrice Emery Lumumba à travers le pays, d’abord à Kisangani, puis Lubumbashi et enfin pour que le deuil soit organisé à Kinshasa », a-t-il expliqué.

Le speaker de la Chambre basse du Parlement s’est dit heureux d’avoir pris part à la cérémonie coutumière de ces obsèques:  » Je viens de vivre, avec joie, malgré c’est une tristesse que nous partageons, mais je suis heureux et je le rapporterai au président de la République, que vous n’aviez pas tort, vous avez effectivement respecté la coutume de vos ancêtres. Le peuple du Sankuru a réservé un accueil chaleureux et organisé un deuil digne à son fils ».

Revenant sur les circonstances de la mort du héros national, Christophe Mboso a indiqué « qu’il y a 62 ans que Patrice Emery Lumumba avait été sauvagement assassiné. Depuis lors, ni le peuple, ni la famille, moins encore les différentes communautés du Sankuru n’avaient pu organiser le deuil. Tout le monde était t dans le choc de cet assassinat et personne ne comprenait comment Patrice Emery Lumumba avait été assassiné, ni où se trouvait la chemise qu’il portait ou ses cheveux parce qu’en traditions bantu, quand on meurt loin de sa terre natale, on ramène au moins la chemise, les cheveux ou quelque chose de symbolique afin d’annoncer le décès et organiser le deuil à la famille. Pour le cas de notre premier Premier ministre, rien de tout cela n’était possible. Chacun a organisé le deuil à sa manière ».

Pour lui, il a fallu attendre  l’avènement du président Félix Tshisekedi et au bout de longues tractations avec les autorités belges, avec le concours de la famille biologique, pour qu’on soit à mesure, sur le plan coutumier, de dire qu’effectivement le 1er Premier ministre était bel et bien mort.

Respectueux des traditions et coutumes de ses ancêtres, le chef de l’État a estimé que le deuil soit organisé en premier lieu par la famille.

 « Le président de la République, respectueux de la tradition et de la coutume de ses ancêtres et du peuple congolais, m’a demandé de venir avec les reliques de feu le 1er Premier ministre Patrice Emery Lumumba, héros national, au Sankuru pour que la famille et la population du Sankuru organisent la première étape des obsèques dues au rang du premier Premier ministre Patrice Emery Lumumba et cela, conformément à la coutume africaine pour que ces honneurs lui soient rendus », a expliqué par ailleurs le président Mboso.

Avant de féliciter des hommages coutumiers rendus a Lumumba par ses frères et sœurs du terroir. « Je viens de vivre les honneurs coutumières depuis l’arrivée ici à Onalwa/Lumumbaville, son village natal. Les hommages grandioses qui viennent de lui être rendus par la famille, par les frères et sœurs du Sankuru à leur fils. Lumumba est né ici dans ce village. C’est donc le retour à la terre natale ».

Et pour le président de l’Assemblée nationale, en assassinant Lumumba, ses bourreaux pensaient que c’était était un rat, « s’ils étaient vivants, quand les autorités traditionnelles ont déposé la peau de léopard, ils allaient devenir fous, car ils avaient touché à un prince, a un roi, un fils signe de Lumumbaville, du Sankuru, de la RDC ».

Enfin, mort Lumumba est encore plus fort, plus puissant, car devenu un citoyen du monde qui n’appartient au Sankuru, à la RDC, sa pensée continue à être véhiculée. A travers le monde, on retrouve des institutions et universitaires portent le nom de Lumumba.

« Frères et sœurs de Lumumbaville, Frères et sœurs du Sankuru, frères et sœurs du Kasaï, comptez sur le président Tshisekedi, faites-lui confiance. En venant avec le corps du 1er Premier ministre à Lumumbaville, le président sait qu’il a beaucoup à faire dans cette province et dans le grand Kasaï en particulier et dans ce Congo en général.

Lumumba est mort pour l’unité. Il est le symbole de l’unité, de la paix et de liberté dans ce pays. Il n’y a pas deux. Patrice Emery Lumumba a fait don de sa vie pour que le Congo vive dans l’unité et dans la paix », a déclaré Christophe Mboso.

L’absence du chef de l’État à l’étape de Lumumbaville s’explique par des impératifs sécuritaires, notamment à l’agression rwandaise d’une partie du territoire national.

« Le président de la République aurait voulu être avec vous ici. Mais la guerre injuste nous imposée par le Rwanda ne lui permet ces jours-ci de se déplacer. C’est pour cela il m’a chargé de venir compatir avec vous. En ce moment, il compatit avec vous. Et il ne vous oublie pas et n’oubliera jamais Lumumbaville et tout ce qu’il a promis dans le grand Kasaï’, a-t-il conclu son adresse.

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