Soupçons de corruption contre des ministres, sous-traitance, etc. : Tshisekedi exige des preuves pour sanctionner les incriminés

Devant une jeunesse déterminée à dire toute la vérité au président de la République, des ministres sont passés au pilori, surtout ceux qui se distinguent par des actes de corruption et qui ne s’impliquent pas dans la réalisation de la loi sur la sous-traitance. Félix Tshiskedi a été plus que clair, lorsqu’il a demandé aux jeunes de lui apporter les preuves de corruption, et de promettre que celui qui sera reconnu coupable, ne fera plus partie du Gouvernement.  Le garant de la nation a encouragé les jeunes à participer massivement aux prochaines élections non seulement comme électeurs, mais surtout à se présenter comme candidats et insuffler un vent nouveau vis-à-vis de nos populations.

Des jeunes venus par grappes de tous les coins et recoins de la ville province de Kinshasa et représentants les partis politiques membres de l’union sacrée de la nation, de l’opposition, de la société civile et des associations, des étudiants, ont envahi le Palais du peuple et ses abords pour répondre à l’invitation du Conseil national de la jeunesse et à l’occasion, écouter le message que devait leur transmettre le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. La mobilisation était telle que les services de sécurité commis au contrôle étaient débordés. Preuve que lorsque les jeunes sont mobilisés, ils sont capables de se prendre en charge.

Ces jeunes, comme un seul homme, voulaient dire au chef de l’Etat qu’ils étaient prêts à répondre à son appel pour la sauvegarde de l’unité nationale et de la souveraineté de la Rdc, ainsi que la protection des Congolais et de leurs biens. Ce rendez-vous s’annonçait électrique lorsque les jeunes ont commencé à chanter : « Tokobomba tee lelo tokobimisa », pour dire qu’il n’y aura pas de tabou entre eux et le président de la République. Ainsi, ils ont tenu parole, car ils n’ont épargné personne. Du président du Sénat à celui de l’Assemblée nationale, le Gouverneur de la ville province de Kinshasa, pour chuter par le patron de la police de Kinshasa, tout le monde est passé au pilori.

Appelé à s’adresser aux jeunes, le président de la République s’est dit particulièrement honoré de répondre ce jour à cette invitation du conseil national de la jeunesse, à l’occasion de la clôture du mois de la jeunesse. Et ce, en ce moment particulier où la Rdc est victime d’une agression lui infligée par l’un de ses voisins, le Rwanda sous couvert du groupe terroriste M23 qui sème la terreur dans plusieurs localités du Nord-Kivu.

Un discours très attendu par les jeunes

Dans son discours, Félix Tshisekedi a rappelé avoir fait appel aux jeunes dans son adresse du 3 novembre 2022 pour constituer des groupes de vigilance en vue d’accompagner les Fardc dans l’accomplissement de leur mission, celle de défendre l’intégrité du territoire et de nation. « L’histoire nous renseigne qu’aucun pays ne peut être déstabilisé lorsque sa jeunesse est vaillante, dynamique, alerte et proactive par rapport aux évènements qu’elle perçoit comme faits majeures », dit-il. La jeunesse est et demeure cette force motrice.

Cette jeunesse a toujours été à la manœuvre de grands changements qui ont marqué l’histoire de notre pays. Depuis la lutte contre la colonisation à la guerre d’agression, notre jeunesse a su défendre les idéaux de liberté et notre quête pour la démocratie. « Aujourd’hui encore, cette même jeunesse a porté haut l’étendard de notre pays sur différents théâtres des opérations. Au-delà de cette reconnaissance, force est de reconnaître que vous constituez un potentiel pour le développement de notre pays », mobilise-t-il.

Le chef de l’Etat est conscient qu’à la suite du faible taux d’investissement, vous êtes confronté aux difficultés. Vous êtes les acteurs du changement. « Nous devons apporter des réponses à vos aspirations légitimes », rassure-t-il, avant de rappeler que dans son discours en 2019, il avait dit : je connais les jeunes de mon pays, je connais leurs besoins et leurs difficultés, je leur parle à tout moment, les jeunes veulent étudier dans les meilleures conditions, ils veulent avoir accès à l’emploi. Partant de ce constat, indique-t-il, ma vision est d’associer la jeunesse à la gouvernance de notre pays.

Pour ce faire, il est impérieux de mettre en œuvre les modalités pratiques pour la participation des jeunes. Ainsi, les récentes nominations témoignent de cette ferme volonté de faire de cette jeunesse le levier du développement de notre pays. C’est dans ce sens qu’il a encouragé les jeunes à participer massivement aux prochaines élections non seulement comme électeurs, mais surtout comme candidats et d’insuffler un vent nouveau vis-à-vis de nos populations.

Deux défis majeurs

Au nombre des défis, le chef de l’Etat a relevé deux. Le premier, c’est l’éradication du fléau de la haine et du tribalisme. Pour le chef de l’Etat, le tribalisme étrangle notre pays, il prend de la place et gangrène peu à peu nos sociétés. Ce fléau progresse malheureusement en Rdc par manque d’actes concrets qui viendraient l’étouffer. « Je vous convie à vivre le rêve d’un Congo appelé à être fort. Je vous exhorte à parler de tout ce qui vous rapproche au lieu de parler de tout ce qui vous divise », conseille-t-il.

Comme 2ème défi, le chef de l’Etat a parlé de l’émergence d’une jeunesse résiliente et engagée qui participe au développent du pays. « Les pouvoirs devraient promouvoir la participation de la jeunesse. Pour relever ces défis, il y a des structures comme le Fonds national pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes qui ont été créées ».  Il a terminé par saluer les efforts fournis par le conseil national de la jeunesse face à l’agression de la RDC. Il l’a encouragé à multiplier les efforts pour l’adhésion d’un plus grand nombre.

Après Mobutu, Fatshi est le 2ème président à échanger avec la jeunesse

Sûr de lui-même et n’ayant rien à cacher, Félix-Antoine Tshisekedi, celui-là même façonné du moule d’un parti de masse qu’est l’UDPS, n’a pas hésité un seul instant pour échanger avec la jeunesse massée au Palais du peuple. C’est ainsi qu’il a accordé la parole pour que des questions lui soient posées : Plus de 80% des jeunes sont au chômage, quelle est votre politique en cette matière ? La gratuité de l’enseignement étant une base solide, nous vous prions de créer dans les provinces les écoles de métiers. Vous avez promis de faire des millionnaires congolais. Les enveloppes ne permettent pas de développer un certain niveau d’entreprises. Comment comptez-vous faire des millionnaires qui soient jeunes ? Comment est-ce possible que vous prenez une décision en matière de la sous-traitance et que vos ministres ne respectent pas cela ? Comment cela sera possible aussi longtemps que vos ministres sont corrompus ?

Dans ses réponses, le chef de l’Etat a d’abord salué l’engouement et la mobilisation suite à son appel lancé le 3 novembre dernier, celle de défendre la nation dans toutes ses facettes. « Je peux vous dire que notre gouvernement qui travaille sous ma vision a priorisé trois axes pour lutter contre le chômage des jeunes ». Dans l’administration, Fatshi a reconnu qu’on y a effectué beaucoup de réformes qui ont permis d’envoyer un grand nombre à la retraite.

Ce qui était un manque-à-gagner énorme pour l’économie nationale. Beaucoup avaient déjà dépassé cet âge d’aller à la retraite depuis longtemps. Ceci rendait impossible l’engagement de nouvelles unités. Non seulement nous envoyons nos anciens à la retraite honorable, et cela dégage un espace pour engager des milliers de jeunes.

Le chef de l’Etat a insisté sur le fait que le secteur public n’est pas le plus pourvoyeur d’emplois. Au niveau de la présidence de la République, il y a une cellule climat des affaires qui me renseigne sur le climat des affaires et est en contact avec les ministères concernés par les questions d’emplois et de création d’entreprises. Il y a aussi l’aspect création d’emplois. « Nous avons des incitants. Il y a plusieurs programmes d’encouragement à la création des entreprises pour les jeunes et leur permettre de résorber le chômage », dit-il.

Et à côté de cela, nous avons la formation où beaucoup de jeunes sont en panne. L’éducation à la base doit être gratuite, car elle permet à tous les jeunes d’être formés et de servir leur pays. Il a même informé que la ministre de la Formation professionnelle veut relancer ce secteur par la construction des centres de métiers dans toutes les provinces. Il y a l’obligation d’ériger un centre de formation professionnelle dans chaque territoire, dans le cadre du programme de 145 territoires. Le but est de préparer notre jeunesse aux aspirations futures. Dans tous les cas, nous devons assurer la continuité et un avenir radieux.

Au sujet de la présomption de corruption à charge de certains ministres, le président de la République a expliqué que les habitudes et les pratiques ont la dent dure. « On a eu dans ce pays, les habitudes et les pratiques de dresser le tapis rouge à des investisseurs étrangers. On leur accorde des privilèges qui préjudicient même nos compatriotes », dit-il.

Depuis 2019, souligne-t-il, je me bats contre cette injustice et je rencontre les embûches au sein de nos propres compatriotes. Vous avez parlé des ministres, laissez-moi vous dire que même les ministres sont butés à la même réalité que moi. Apportez-moi la preuve de la corruption, et je vous garantis qu’ils ne seront plus membres du gouvernement.

« Vous aussi, vous n’êtes pas des saints. Voilà pourquoi je m’étais réjoui que vous évoluiez en collectif. Je suis le premier de vos alliés. Nous allons ensemble travailler à équilibrer cela. J’ai entendu tout ce qui se passe d’injuste, nous allons changer des choses. Il y a moyen de créer des millionnaires chaque semaine », affirme-t-il.

Yves Bunkulu désavoué par la jeunesse

Ministre de l’UDPS en charge de la Jeunesse, Yves Bunkulu a été accueilli par des slogans hostiles des jeunes qui scandaient : Bima, pour dire : sortez de la salle ! C’est avec peine et dans les bruits qu’il a fait son discours. C’était les brouhahas indescriptibles ! D’autres jeunes ne se gênaient pas de dire : toboyi (pour dire : l’on ne veut pas de ton discours… Cela a donc été un désaveu pour celui qui était censé incarner et représenter la jeunesse. C’est dans la cacophonie et dans la confusion totale qu’il a terminé son allocution.

Premier à prendre la parole, M. William Mukambila, président du conseil national de la jeunesse a indiqué que grâce au président de la République, la jeunesse de la Rdc se sent considérée et honorée. « Toutes ses actions tendent à mettre la jeunesse au-devant de la scène politique et économique. La jeunesse n’était pas considérée, d’où le chômage, le banditisme. Depuis l’avènement de Fatshi au pouvoir, une attention particulière est accordée à la jeunesse. Sa présence témoigne de son engagement de faire de la jeunesse unie et forte », dit-il.

Ainsi, il suffit de jeter un regard sur les réalisations pour se rendre compte que Fatshi est celui que la jeunesse attendait pour son rayonnement. C’est le cas de la gratuité de l’enseignement, la bourse d’études Excellentia, Transacademia, mais aussi la réhabilitation des homes à l’UNIKIN. Dans le secteur économique, la création du fonds pour l’entreprenariat des jeunes, l’appui des projets de jeunes par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).

Dans le secteur professionnel, le Service national produit les bâtisseurs congolais. Dans le secteur de la gouvernance, il a nommé un nombre important de jeunes dans les postes de prise de décision. Dans le secteur de la sécurité, la volonté d’en finir avec les groupes rebelles dans l’Est. Son appel à la mobilisation générale est aujourd’hui saisi par la jeunesse, avec l’enrôlement de beaucoup de jeunes dans les rangs des FARDC. « Nous demandons aux élus du peuple de formaliser la formation militaire pour les jeunes avant d’accéder aux études universitaires », pense-t-il.

Jean-Marie Nkambua

Leave a Comment

Visit Us On FacebookVisit Us On LinkedinVisit Us On InstagramVisit Us On Youtube