Tshisekedi et Philippe unanimes pour une nouvelle page…

Il aurait pu le faire au Palais de la Nation, précisément dans l’hémicycle où son oncle Baudouin avait adressé son discours d’indépendance du Congo-Belge le 30 juin 1960.  62 ans après, la salle mythique, avec ses 250 places, ne pouvait que se révéler trop étroite pour accueillir 500 députés nationaux, 108 sénateurs et les autres officiels. Aussi, le Palais du Peuple a-t-il été substitué à celui de la Nation, et Philippe plus tard, Félix Tshisekedi plus tôt, ont délivré chacun son message duquel il faut retenir l’essentiel : la nouvelle page à écrire ensemble …

L’essentiel, c’est d’avoir entendu le roi souligner la volonté des Congolais d' »écrire un nouveau chapitre » dans les relations entre Kinshasa et Bruxelles, cela au travers de la volonté de « regarder vers l’avenir, encouragé par la formidable jeunesse du peuple congolais qui ne demande qu’à valoriser ses talents ».

L’essentiel, c’est cette invite du Roi exprimée en ces cinq mots : « Ecrivons ce nouveau chapitre ensemble ».

Certes, a affirmé le roi, « Sans oublier le passé, mais en l’assumant pleinement, afin de transmettre à la nouvelle génération une mémoire réfléchie et pacifiée de notre histoire commune ».

L’essentiel, c’est de l’avoir entendu dire au Président Félix Tshisekedi :  » Vous et moi sommes trop jeunes pour avoir vécu le Congo d’avant son indépendance. Mais pour vous, comme pour moi, la présence belge au Congo, avant 1960, laisse aussi un héritage qui a ancré le pays dans ses frontières actuelles ». Et de déclarer « La préservation de l’intégrité territoriale du Congo est une préoccupation majeure que nous partageons ».

Au moins, les Congolais sont rassurés du soutien de la Belgique « au sein des instances internationales, à toute initiative visant à la stabilité et au développement harmonieux de l’Afrique des Grands Lacs. La reprise progressive de notre coopération militaire s’inscrit dans la même logique ».

Bref, l’essentiel de l’intervention du roi peut se résumer dans cette déclaration de foi : « Nous avons donc tout intérêt à unir nos forces pour répondre ensemble à nos nombreux défis communs. Cela requiert un grand sens de la collaboration, un vrai partenariat d’égal à égal, et une créativité à la hauteur des défis actuels ».

Auparavant, au Palais de la Nation, Félix Tshisekedi a exprimé aussi, de son côté, l’essentiel de son opinion.

Du passé, il a dit au sortir du tête-à-tête avec le roi : « Nos discussions n’ont pas servi à s’appesantir sur le passé. Nous voulons regarder l’avenir. Le passé est à la fois glorieux et triste mais le but ici c’est de construire quelque chose de nouveau et surtout de définitif qui soit constructif pour nos deux pays ».

L’essentiel, a-t-il renchéri à propos de l’avenir : « Ce sont des choses sur lesquelles nous voulons nous lancer plutôt que de rester à ressasser le passé et risquer de soulever de nouvelles tensions inutiles. Aujourd’hui, nos peuples ont besoin de se rapprocher, de se développer. Ils n’ont pas besoin de se regarde en chien de faïence ».

Deux messages passés le même jour, mais à deux endroits symboliques différents (Palais du Peuple et Palais de la Nation) relèvent une préoccupation commune, celle de deux Chefs d’État d’une nouvelle génération déterminés, l’un et l’autre, à engager leurs pays dans une autre approche en matière de relations diplomatiques et de coopération structurelle.

Sans rouvrir la page douloureuse du passé, les Congolais pragmatiques l’auront appris à leurs dépens : dans toutes les tribunes internationales, principalement l’Union européenne, l’Otan, l’Ocde et l’Onu, Bruxelles a toujours réussi à bloquer la RDC quand elle a résolu de le faire. Si, du reste, certains pays de la sous-région des Grands Lacs ont su et pu se jouer par moments de Kinshasa, c’est en partie, sinon grandement, pour cela.

Entendre alors le roi Philippe reconnaître dans l’héritage laissé par la Belgique la RDC dans ses frontières de 1960 – c’est-à-dire celles de la Conférence internationale de Berlin 1885 – doit conforter les Congolais.

En effet, le roi ne fait rien d’autre qu’affirmer le droit des Congolais d’être respectés dans les choix qu’ils font pour rester actifs dans le concert des Nations.

Dès lors qu’elle l’admet, la Belgique se met en devoir de plaider pour le développement du Congo, ce qu’elle n’avait pas pu faire le 30 juin 1960 compte tenu de la clôture en catastrophe de la cérémonie d’indépendance.

Comme relevé dans un échange dans un groupe WhatsApp, la Providence fait que les successeurs de Lumumba (Sama Lukonde) et d’Eyskens (de Croo) se retrouvent en présence des successeurs de Kasa-Vubu (Tshisekedi) et de Baudouin (Philippe) pour écrire sur la page laissée en plan lors de la Déclaration d’Indépendance les actes portant sur les relations diplomatiques et la coopération structurelle.

C’est donc là la nouvelle page sur laquelle Félix Tshisekedi et Philippe ont émis l’essentiel de leurs convictions.

Touchons alors du bois !

 Omer Nsongo die Lema

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