Une première dans l’histoire du pays en 62 ans d’indépendance : La RDC assure le leadership de la nouvelle brigade régionale !

 La position officielle de la Rdc à la réunion de Nairobi entre, d’une part, la délégation de la Présidence de la République et, de l’autre,  les représentants des groupes armés opérant à l’Est est connue : reddition inconditionnelle des groupes congolais via l’intégration au P-DDRCS ou Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation et retour tout aussi inconditionnel  des groupes étrangers dans leurs pays d’appartenance.

Prendre les choses au sérieux

Au point 7 du communiqué final signé le 21 avril 2022, il est indiqué :  » Pour faciliter la mise en œuvre des volets politiques et militaires, les leaders ont également décidé ce qui suit :

a) QUE tous les groupes armés locaux actifs en RDC participent sans condition au processus politique visant à résoudre leurs revendications. A défaut, ils seront considérés comme des forces négatives et soumis à une action militaire de la région,

b) QUE tous les groupes armés étrangers actifs en RDC doivent désarmer et retourner immédiatement et sans condition dans leurs pays d’origine respectifs. A défaut, ils seront considérés comme des forces négatives et soumis à une action militaire par la région « .

C’est clair et net.

Ainsi, contrairement aux pressions autrefois exercées sur les prédécesseurs de Félix Tshisekedi (Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila), cette fois, manifestement, les partenaires généralement dubitatifs ont décidé de prendre les choses au sérieux.

On a entendu le Président ougandais Yowerie Museveni déclarer que les Congolais ont trop souffert de l’insécurité et qu’il faille, cette fois-ci, s’employer à y ramener la paix pérenne. Son homologue Evariste Ndayishimiye a enjoint les rebelles burundais présents en RDC à rentrer dans leur pays.

La revanche de la Rdc sur la brigade d’intervention

La grande information, toutefois, est la position favorable de l’Union africaine au déploiement d’une force régionale à l’Est du pays.

Dans un communiqué de presse daté du 25 avril 2022, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission africaine, a fait sienne l’option levée par le Président kenyan Uhuru Kenyatta et ses pairs de l’Afrique de l’Est de « trouver une solution durable à la situation dans l’Est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs». Il s’est réjoui de «la décision de déployer immédiatement une force régionale pour restaurer la paix et la stabilité en RDC ».

C’est un succès notable pour la RDC qui prend ainsi sa revanche sur le blocage de la Brigade d’intervention rapide initiée à Kampala en 2013 après à la suite de l’aventure M.23.

En effet, à l’époque, la majorité des Etats membres de la Cirgl, représentés au plus haut niveau, avait été quasiment contrainte à céder aux pressions exercées sur la formation et la gestion de cette brigade. La majorité voulait d’une brigade réellement autonome, placée sous commandement de l’Union africaine, constituée du reste de troupes fournies par les Etats africains, sauf ceux reconnus comme belligérants.

La minorité avait cependant réussi à faire placer cette structure sous l’autorité de la Monusco.  Aussi, vit-on se constituer la Brigade d’intervention/Monusco comprenant les troupes fournies par la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Malawi.

Depuis la défaite infligée au M.23 en appuyant efficacement les Fardc, la Brigade a cessé d’être mordante.

Rdc : L’heure d’être confiante, mais surtout prudente

De 2013 à 2022, soit onze ans durant, le phénomène observé est celui de la prolifération et la méchanceté des groupes armés qui n’obéissent qu’au seul agenda de tuer et de blesser le plus des gens possibles tour en pillant le plus de biens également possibles.

Dès lors que l’idée de monter une nouvelle brigade est lancée, c’est le moment pour la RDC d’être certes confiante, mais aussi prudente . Après tout, elle doit en assumer le leadership.

Or, le Congo a un problème sérieux : celui de lutter à la fois contre les démons extérieurs, mais surtout contre ses propres démons. Les mêmes qui, depuis 1960, n’aiment pas voir le pays avancer de façon durable dans la voie du progrès.

A ce propos, il est utile pour Kinshasa de circonscrire les causes exactes des difficultés que rencontre la Monusco dans la neutralisation des groupes armés (raison première d’un déploiement d’une force internationale prévue à l’article 8 de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka signé en 1999) et de la démotivation apparente observée dans le chef de la Brigade d’intervention créée en 2013.

Au sujet précisément de l’Accord de Lusaka, le chapitre 8 préconise d’abord le maintien de la paix entre forces belligérantes. Mais, il y a aussi la traque et la neutralisation des groupes armés au demeurant cités au chapitre 9 : Adf , Lra, Nalu, ex-Far, Interhamwe, Fnl etc.

Le maintien de la paix est resté hypothétique autant que la traque et la neutralisation des groupes armés cités. Au contraire, les groupes armés congolais s’y sont greffés, et aujourd’hui, on peut bien parler de nébuleuse, de phénomène.

Cette fois-ci, Kinshasa doit tenir bon

Au regard de ce qui précède, c’est avec les renseignements à obtenir et les enseignements à tirer qu’il sera possible de mettre sur pied la nouvelle brigade sur des bases réellement solides.

C’est seulement de cette façon que le processus enclenché à Nairobi avec une RDC soutenue par ses voisins et amis sincères et imposant la reddition inconditionnelle des groupes armés congolais et le retour tout aussi inconditionnel des groupes armés étrangers portera fruit.

Comme relevé dans BALISES , Kinshasa, cette fois-ci, doit tenir bon, des décennies durant le Congo a subi, trop subi, suffisamment subi.

Il est temps pour les Congolais de relever le front.

L’avenir du pays se joue aujourd’hui à Nairobi, ville où furent signés en 2014 les accords entre le Gouvernement de la République et un certain M.23, chassé maintenant des négociations en cours dans la capitale kényane, sous la facilitation de Uhuru Kenyatta devenu par la force des choses l’un des chefs d’État proches du Président Félix Tshisekedi.

De ce dernier, le message leur  envoyé est assez  clair, à savoir la « main tendue envers des compatriotes engagés dans une lutte armée contre leur pays n’est pas une table ronde de négociations ni de compromissions».

Déjà, dans son Communiqué final du 21 avril 2022, le sommet de Nairobi a résolu que « la mise en place de la force régionale destinée à combattre les forces négatives doit commencer immédiatement  sous le leadership de la RDC ».

Une force régionale dirigée par les Congolais, c’est loin d’être une première. C’est une grosse, une énorme responsabilité !

Un challenge…

Omer Nsongo die Lema

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